Mauthausen : ce camp sorti de nulle part

Pour l'instant, Mauthausen n'est pas devenu un site touristique

Pour l'instant, Mauthausen n'est pas devenu un site touristique

Seul un petit panneau indique le camp « d’extermination par le travail » de Mauthausen, qui a vu périr 118 000 déportés entre 1938 et 1945.

L’horreur dans un cadre bucolique

Le contraste est saisissant. Difficile d’imaginer qu’au terme de ce long chemin sinueux et verdoyant, propret et charmant, à l’image de l’Autriche en général, se dresse ce qui fut « un camp d’extermination par le travail ».

Un lieu de mémoire, pas un complexe touristique

Si le camp est aujourd’hui devenu un mémorial, et qu’il a été modifié à la fin de la Seconde Guerre mondiale pour devenir un camp de prisonniers russes, reste cet imposant portail, qui annonce la couleur. Si un accueil a bien été installé il y a quelques années, Mauthausen n’est pas – encore ? – Auschwitz et n’est, heureusement, en rien devenu un complexe touristique. L’entrée du site, par exemple, n’est fixée qu’à 2 euros.

50 degrés dans les baraquements

Seule une poignée de visiteurs, disséminés dans l’immense site, parcourt la cour goudronnée, flanquée de dizaines de baraquements, restés en l’état, de chaque côté. La chaleur y est suffocante, surtout si l’on visite le site en été. Un simple thermomètre fait état de 50 degrés à l’intérieur des baraquements. Vides. On imagine quand ces simples constructions de bois étaient remplies de milliers de détenus… On imagine, car le visiteur n’est pas noyé sous les explications historiques. Seuls quelques panneaux ont été installés dans l’un de ces baraquements. Et cela suffit.

« Allez on y va »

Puis la visite continue. Les douches. Les fours crématoires. Pas de commentaires larmoyants, mais du silence. Evocateur. Sauf quand un touriste français débarque dans la pièce, sac en bandoulière, prend une photo du four, et lance un « Allez on y va » à sa femme. On s’en serait passé. On avait déjà la nausée.

Date du reportage : juillet 2011

Audrey Desfève

Journaliste web née le 26/11/1985. Après avoir été journaliste en presse quotidienne régionale (au Progrès puis au Journal de Saône-et-Loire), je suis aujourd'hui rédactrice web. Retrouvez-moi aussi sur DeLyonEnLarge.com

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