Brno, symbole de la stratégie tchèque

Brno plage

Brno plage

Deuxième plus grande ville de république Tchèque après Prague, avec un peu plus de 400 000 habitants, Brno est aujourd’hui surtout connue par les amoureux de sports mécaniques – le grand prix de moto GP y est organisé chaque année – et de basket – l’équipe féminine ayant remporté l’Euroligue en 2006. Mais avant cela, la ville de Brno a aussi fait parler d’elle de façon tout aussi héroïque, en 1645.

28 000 Suédois, 1 500 Tchèques

A cette époque, la reine de Suède Kristina Vasa ordonne le siège de la ville tchèque, l’un des derniers obstacles avant Vienne, en Autriche. A la tête de la délégation scandinave le 3 mai 1645, le général Lennart Torstenson mène 28 000 hommes – avant le renfort de 10 000 soldats supplémentaires quelques semaines plus tard – et s’attend à ne faire qu’une bouchée des quelque 1500 Tchèques qui tentent de lui résister…

L’offensive de la dernière chance

Oui, mais voilà, après 112 jours de siège infructueux, l’issue du combat parait incertaine. Le général Torstenson tente une dernière offensive d’envergure le 15 août, jour de l’Assomption, annonçant à ses adversaires que si Brno ne tombait pas aux mains des Suédois avant midi, il retirerait ses troupes et abandonnerait le combat.

De fait, les Suédois sont partis à l’assaut de la ville au petit matin et les soldats tchèques de Jean-Louis Raduit de Souches, bien qu’héroïques, semblaient enfin sur le point de craquer. C’était sans compter sur la « filouterie » – enfin, la stratégie – de l’évêque local, qui décidé de faire sonner les cloches de la cathédrale de Saints-Pierre-et-Paul avec une heure d’avance. A 11 heures, les 12 coups de midi ont donc retenti, conduisant ainsi au retrait des troupes suédoises, comme l’avait promis le général Torstenson…

Le pénis de Brno

La ville de Brno fut donc délivrée et Jean-Louis Raduit de Souches fut élevé au grade de chevalier d’Empire par Ferdinand II. Aujourd’hui, l’héroïsme du général Raduit de Souches et de ses hommes est encore honoré à Brno. Les cloches de la cathédrale sonnent toujours midi à 11 heures.

A proximité de l’église et de l’hôtel de ville, une drôle de sculpture a également été érigée. Il s’agit en réalité d’une horloge censée représenter un obélisque – mais celle-ci nous renvoie plutôt à un phallus, avouons-le – et qui affiche l’heure de façon pour le moins compliquée. De nombreux touristes essaient, peu semblent comprendre – nous les premiers. Et si aujourd’hui, cette horloge située sur Naměstí Svobody est davantage connue comme « le pénis de Brno », son histoire et sa symbolique méritent largement qu’on s’y attarde.

Date du reportage : juillet 2011
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Ludovic Bonnet

Journaliste indépendant et rédacteur web (né le 25/03/1984), après avoir découvert le métier au Dauphiné Libéré puis au Progrès. Voyageur débutant qui ne demande qu'à apprendre !

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