Chili : la réserve préservée de Punta de Choros

Un projet de centrale thermoélectrique à Barrancones, sur la côte Pacifique, au milieu du Chili ? Euh… pourquoi pas ? Sauf que non. Pourquoi ? Car des milliers de Chiliens sont descendus dans les rues de Santiago. Des empêcheurs de tourner en rond ? Pas vraiment.

Un havre de paix minutieusement protégé

A 20 km du projet en question, le Parc naturel de Punta de Choros. Un havre de paix pour de nombreuses espèces animales, protégé par la Conaf (la Corporation nationale forestière). Elle en gère minutieusement les entrées des curieux, qui viennent en masse contempler oiseaux de toutes sortes, dauphins, lions et loutres de mer, et pingouins de Humboldt, dont une grande majorité de la population a pris ses quartiers sur les trois îles de la réserve.

Le spectacle…

Mais pour accéder aux îles Chañaral, Damas et Choros, l’embarcation d’un pêcheur local est nécessaire. Pour deux kilomètres de navigation, avant le spectacle. Celui que semblent donner deux ou trois de ces fameux pingouins de Humboldt, devant une assistance fournie de congénères. En tenue de circonstance, bien entendu.

Mais c’est un lion de mer qui salue, plus tard, le passage des visiteurs. Droit comme un « i ». Un « i » majuscule. Plus loin, plusieurs d’entre eux se prélassent sur les rochers.

…et puis les dauphins

Et au large, les dauphins. D’abord deux, puis cinq, puis dix, puis… Tous accompagnent l’esquif, bondissant hors de l’eau, par grappes. La meilleure manière de conquérir et d’amuser leur public d’un jour, sous l’œil bienveillant des pêcheurs-accompagnateurs. Qui, plus tard, auront eux aussi une belle surprise, apercevant, au loin, une baleine.

Une apparition plutôt rare, si l’on en croit le coup de fil immédiatement donné par l’un des guides à son frère, pour lui raconter, de l’émotion dans la voix, ce qu’il venait de voir. Et qui sera préservé, puisque le projet construction de la centrale a donc été abandonné (1). Pingouins, oiseaux, lions de mer et dauphins saluent cette décision.

(1) Si Sébastian Piñera, le président chilien, a finalement abandonné le projet du consortium franco-belge Suez-Energy, il lui cherche un autre site. Il souhaite, par ailleurs, développer la filière nucléaire dans son pays. Un pays en proie à de fréquentes secousses sismiques…

Date du reportage : avril 2011

Recherches qui ont permis de trouver cet article :

    punta de choros chili

Julien Gardon

Journaliste en PQR né le 14/02/1977. Intermittent du journalisme et voyageur occasionnel.

6 commentaires

  1. Christelle EXBRAYAT

    Merci pour ce petit moment d’évasion…

    • Ca m’a aussi permis de m’évader de nouveau.
      Là-bas, on a vraiment l’impression d’être au bout du bout du monde. Pour accéder à Punta de Choros, il faut rouler des dizaines de kilomètres sur une route en terre et cailloux, avant d’arriver dans un tout petit village, où on se sent seul au monde. Et là, c’est déjà impressionnant.

  2. Chirimoya Damiens Maxwell

    Merci pour cet excellent article qui retranscrit bien l’ambiance paisible et unique de ce lieu. Bravo! Belle recherche sur les implications de Suez, qui a failli détruire ce sanctuaire. Un président comme Piñera est un danger pour l’environnement.
    J’espère que le reporter va continuer à nous faire voyager avec ses beaux récits.

    • Merci pour votre commentaire. Ce site est en effet unique, et j’aurais d’ailleurs aussi pu évoquer les soirées passées à Punta de Choros, dans les cabañas, avec des gens formidables. J’ai en revanche choisi de passer sous silence mon mal de mer sur l’embarcation…

  3. Ping :De Mexico à Cancún : sur la route de Puerto Escondido

  4. Ping :La Patagonie, voyage à l'autre bout du monde (2ème partie) - Caraporters

Laisser un commentaire