Crète : à Matala, life is today, tomorrow never comes

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En route vers Red beach

Dans les années soixante, Matala, anonyme village du sud de la Crète, est devenu un haut lieu du mouvement hippie. Bob Dylan, Cat Stevens et Joni Mitchell y ont fait une halte… et la singularité du lieu.

« La vie c’est aujourd’hui, demain n’arrive jamais. » Cette maxime, la ville de Matala l’a fait sienne. Et pour cause. Dès le début des années soixante, des milliers de hippies, la tête pleine de rêves et d’idéos, partent à la recherche d’un paradis vierge de la culture qu’ils fuient.

Des grottes à l’origine de l’histoire…

Matala, à l’extrême sud de la Crète et donc de l’Europe a tout pour plaire. Tournée vers l’Afrique, à 300 km environ des côtes de Libye, son climat sub-désertique est le plus doux du vieux continent. Son littoral, de toute beauté, arbore deux plages bien différentes. L’une est sauvage : Kokkini Ammos (Red Beach), au sud, ne s’offre qu’à ceux qui prendront le temps de la découvrir. L’autre, la plage principale, est une grande baie surplombée par une falaise criblée de petites cavernes. Celles-là même qui ont fait l’histoire de Matala. Ces petites grottes du néolithique, d’abord exploitées par les Romains, ont constitué un abri providentiel pour toute une génération « en quête de soi ».

Bob Dylan et le flower power

Un petit studio, à l’œil, avec vue sur mer, cela ne se refuse pas. La nouvelle de ce petit paradis se répandit vite. Au fil des saisons, ils seront rapidement des milliers à migrer vers Matala. Parmi ces voyageurs sur la route de Katmandou, l’histoire retiendra le passage de Bob Dylan, Cat Stevens, ou encore Joni Mitchell. La chanteuse folk écrira même une chanson dédiée à Matala : « Carey ». Cet afflux de babas cool, célèbres ou anonymes, mettra un terme à la quiétude qui régnait à Matala auparavant. Très vite, la région sera submergée de petits problèmes pratiques. Difficile de trouver de la nourriture et de vivre dans des conditions d’hygiène acceptables dans un village où il n’y a, à l’époque, ni eau, ni électricité. Matala n’était pas préparée à ce raz de marée. Ni aux débordements inhérents au mouvement hippie, la liberté des mœurs en tête.

Une invasion pacifique

Dans la falaise aux cavernes, les jeunes s’installent, s’approprient les lieux. Insouciants, ils pillent l’histoire. Les grottes qui percent la falaise nord de Matala ont servi de sépultures des siècles auparavant. La nécropole romaine avait jusque là été préservée. On n’est pas loin de la profanation. Ce que beaucoup de Crétois exprimèrent au moment de cette « invasion pacifique ». L’accès à la falaise sera finalement fermé en 1970. Scandale hier, ce détournement de sépultures a longtemps fait la gloire de Matala.

Tourisme et décadence

Aujourd’hui, les visiteurs nostalgiques du flower power ont fait place à des touristes plus huppés que hippies, qui découvrent, au hasard de leur séjour, l’histoire qui a fait la légende de ce petit village. « Life is today, tomorrow never comes ». Les murs, leurs affiches, une voiture par-ci, un combi Volkswagen par-là, les panneaux de signalisation et même les arbres, servent de vitrine touristique, à une philosophie qui a fait son temps. Les années ont passé, même à Matala. La crise et les mauvais chiffres du tourisme ont fait leur chemin. En Grèce, plus qu’ailleurs en Europe, on sait désormais qu’il est difficile de vivre au jour le jour, sans penser au lendemain. Le passé et ses erreurs finissent toujours par ressurgir un jour.

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Pierre-Yves Royet

Journaliste au Progrès né le 12/06/1981. J'ai eu 20 ans en l'an 2001 et Pierre Bachelet en a fait une chanson.

5 commentaires

  1. Je suis allée en Crête pendant 12 ans pour découvrir tous les recoins de l’île, à chaque fois, je passais une journée à Matala, la dernière fois j’ai découvert cet arbre sculpté à l’entrée du village. beauté et tristesse en même temps.

    • Dieux grecs, hippies, sont certainement les deux figures représentées sur cette sculpture peu ordinaire. Les premiers symbolisant la Crète, l’île des Dieux, et les seconds, Matala, car ils ont fait la réputation du lieu. Mais tout ça est sujet à interprétation. Une chose est sûre, l’oeuvre-monument, à l’entrée de la ville, ne peut pas laisser indifférent. Un peu à l’image des richesses que l’on peut découvrir, si l’on en prend le temps, dans ce petit coin de paradis.

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