Angleterre : mon baptême du feu au GP de Formule 1 de Silverstone

Lewis Hamilton

Champion du monde en titre, le Britannique Lewis Hamilton s’est imposé pour la 3e fois à Silverstone, le 37e succès de sa carrière en F1.

Vivre son premier Grand Prix de Formule 1 sur le circuit de Silverstone, en Angleterre, c’est commencer son immersion dans la catégorie reine du sport automobile par l’un des rendez-vous majeurs du calendrier. Avec les Grands Prix de Spa-Francorchamps en Belgique ou de Suzuka au Japon, le tracé anglais fait partie des circuits où les pilotes prennent le plus de plaisir, à l’instar des fans. Copse, Becketts, Stowe : autant de noms qui résonnent dans l’esprit de ceux qui connaissent chaque virage de cette piste de 5,89 kilomètres.

Nous étions deux à quitter l’Auvergne, mardi 30 juin 2015, pour vivre cette neuvième épreuve du Championnat du monde (qui en compte 19 cette année). Chaque étape du calendrier propose 3 jours de compétition (sauf le Grand Prix de Monaco qui en compte 4) : les essais libres, la séance de qualification et la course le dimanche. En prime, les spectateurs peuvent suivre les courses de GP2, GP3 et Porsche Supercup qui complètent un programme bien chargé.

Woodlands campsite, une ville dans les champs

Le Grand Prix d’Angleterre, entre Milton Keynes et Oxford, est coché sur le calendrier de bon nombre de fans de sport automobile outre-Manche. Au total, pas moins de 325 000 personnes sont venues jusque sur cette ancienne base de la Royal Air Force, pour profiter du spectacle sur la piste, et en dehors. Vus d’hélicoptère, les immenses champs investis par les campeurs donnent une indication sur l’ampleur de la manifestation : 125 000 personnes avaient choisi de planter leur tente (ou de garer leur immense camping-car) à deux pas du circuit, au Woodlands campsite, devenu une petite ville le temps d’un week-end. On y mange, on y boit, on profite des concerts, des manèges et de l’écran géant qui diffuse les matchs du tournoi de Wimbledon.

Mais c’est bien dans les allées du circuit que les milliers de fans vont passer le plus clair de leur temps : une marée humaine, avant et après les courses, aux couleurs de Mercedes, Williams, Lotus ou Ferrari. Inaccessible, hormis pour quelques privilégiés, le paddock a vu s’installer les motorhomes des différentes écuries. Plusieurs d’entre elles ont installé leur usine sur le sol anglais, parfois à moins d’une heure de route du circuit. Une proximité qui pousse ces équipes à venir avec leurs installations clinquantes. Des structures mobiles impressionnantes, devenues de véritables immeubles depuis quelques années. Tout du moins pour les écuries les plus fortunées.

« Do you want to do the pit lane walk? »

Si tout le calendrier de Formule 1 avait des airs d’Angleterre, la discipline ne souffrirait probablement pas de tous les maux dont elle semble affectée. Des budgets difficiles à boucler pour les petites équipes, un règlement technique qui s’est largement complexifié, un calendrier qui boude les circuits historiques au profit de destinations  plus exotiques – le Grand Prix d’Allemagne a été rayé du programme cette année et on n’espère presque plus le retour d’une manche en France – et surtout un manque de spectacle sur la piste qui ferait fuir spectateurs et téléspectateurs vers d’autres disciplines.

A Silverstone, il n’en est rien : on se presse pour profiter du Grand Prix et de tous les à-côtés. Dès la journée du jeudi, la pit lane était ouverte au public pour que tout un chacun puisse immortaliser le travail des mécaniciens et toucher des yeux les monoplaces, devant les garages des écuries – contre quelques dizaines de pounds bien évidemment. Merci au mystérieux conducteur d’un 4×4 qui voulait se séparer de deux pass, il a fait des heureux !

La chicane appartient à ceux qui se lèvent tôt

Les tribunes étaient encore clairsemées vendredi, pour suivre les premiers chronos des Formule 1. Samedi après-midi, les clameurs se faisaient entendre pour saluer la pole position obtenue par Lewis Hamilton (Mercedes), au centre des attentions durant tout le week-end. Mais le meilleur était encore à venir. Dimanche à 7h30, nous arrivons au circuit. Le départ du Grand Prix ne sera donné que dans 5h30. Confiants, nous espérons bien pouvoir trouver une place permettant de voir les monoplaces aborder les derniers hectomètres du circuit, au dessus du grillage qui encercle la piste. Dernier freinage avant de s’élancer sur la ligne droite des stands, la chicane de Vale devrait nous gratifier de belles tentatives de dépassements. C’était sans compter sur tous ceux qui, arrivés 1h30 plus tôt dès l’ouverture des portes, avaient pris un avantage certains dans la course aux bonnes places. Contrairement aux spectateurs qui avaient réservé un siège en tribune, nous avions pris des tickets en « General admission », moins coûteux, qui nous donnaient le droit de nous installer, au hasard, sur les talus qui bordent la piste.

GP Silverstone (16)

La pluie pour conclure le week-end

Une fois la pelouse garnie, à la mi-journée, difficile d’avoir un point de vue dégagé sur le circuit. Mais qu’importe, le scenario de la course et l’effervescence qui a accompagné le local de l’étape, Lewis Hamilton, applaudi à chacun de ses 52 passages, auront largement récompensé notre voyage. Après avoir manqué son départ, le pilote Mercedes n’a pu retrouver la première place que grâce à une stratégie d’arrêts au stand efficace et à l’arrivé de la pluie en fin de course, dont il s’est parfaitement accommodé pour franchir la ligne d’arrivée en tête. Son coéquipier Nico Rosberg (Mercedes) et Sebastian Vettel (Ferari) complètent le podium, au détriment des pilotes Williams, grands animateurs de cette course à rebondissements.

Ceux qui, comme moi, attendaient de voir à l’œuvre le seul Français engagé en F1 cette année, ont été bien déçus. Romain Grosjean a été percuté dès le troisième virage, entraînant son coéquipier chez Lotus dans sa sortie de piste. Devant une foule compacte qui avait été autorisée à rentrer sur la piste au pied du podium, Lewis Hamilton pouvait célébrer son succès à domicile. Et pendant que les boutiques officielles et les camions à malbouffe commençaient à remballer, l’after-race party débutait. Entre les prestations des artistes, plusieurs pilotes sont venus sur scène, ne manquant pas de remercier le public de sa venue. Car c’est bien grâce à lui que la Formule 1 peut se permettre de rouler gaiement vers un futur qui semble parfois bien flou.

Rémy Mousson

Journaliste en Haute-Loire pour Renouveau et mon43.fr né le 27/11/1990. Titulaire d'une licence de journalisme obtenue à Nancy

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