On the Irish road : An Clochán, Clifden (2/4)

Connemara

Troisième jour sur le sol irlandais. A 8h, nous quittons Dublin pour nous rendre à Galway. En 2h30 de route, nous traversons le pays d’est en ouest. 2h30 de paysages plus variés les uns que les autres : autoroutes, petits quartiers résidentiels toujours avec ces briques rouges habituelles, champs déserts ou parfois peuplés de moutons. Et enfin l’arrivée à Galway, petite ville portuaire nichée entre les lacs du Connemara et le sud-ouest du pays. Ce ne sera qu’une ville-étape cette fois-ci, le temps de faire quelques achats de nourriture pour reprendre la navette une heure et demi plus tard. Direction Clifden, la capitale du Connemara.

L’Irlande comme on se l’imagine

Et c’est durant ce trajet que l’Irlande des prospectus, la sauvage, la légendaire, l’Irlande comme on se l’imagine nous saute aux yeux. Ce ne sont que landes, marécages et prairies à perte de vue. Nous avons parfois du mal à faire la distinction entre le ciel gris-bleu extrêmement bas et les quelques trous d’eau qui parsèment les landes vertes. Quelques moutons blancs broutent çà et là l’herbe sauvage. Le car est la seule présence humaine. Seul la radio grésillante rappelle qu’il y a quatre heures encore, nous étions dans une grande ville, à des milliers d’années lumières de ce paysage sauvage. Parfois, le car s’arrête. Des passagers, plutôt âgés, descendent de la navette, au milieu de nulle part, font de grands signes d’au revoir au chauffeur et s’éloignent la démarche décidée, vers un chemin boueux.

Connemara
La route chaotique et les quelques carrefours ornés de croix sont les seules traces de civilisation. Et soudain, les « hauteurs ». Entre collines et montagnes, elles se fondent parfaitement dans ce paysage somptueux. Nous comprenons d’où vient l’esprit celtique et sauvage qui a fait la réputation du pays. De ces landes, de ces plaines, de ces montagnes. On pourrait sans aucun problème voir apparaître un Heathcliff et une Catherine … à l’irlandaise (Cf. Les hauts de Hurlevents, Emily Brontë).

Là où on parle encore le gaélique

ClifdenAprès quelques heures de route, la navette arrive à Clifden. L’air est déjà plus frais. Clifden se rapproche plus du village que de la ville. « Beaucoup de touristes », nous avait-on prévenus. Mais en cette fin d’après-midi de juin, il n’y a pas un chat ! Le nombre de boutiques de souvenirs est, il est vrai, disproportionné par rapport à la taille de Clifden. Nous ne nous y attardons pas. Le froid commence à se faire sentir de plus en plus. Il faut vite trouver le camping. Les 13 kilos commencent à faire rougir nos épaules. Nous essayons le stop … sans succès. Les Irlandais, tous aussi accueillants qu’ils sont, n’ont pas l’air de comprendre ce que signifie ce pouce levé. Plusieurs fois, les quelques automobilistes qui ont le courage de passer sur cette route escarpée, sortent la tête par la fenêtre et nous crie la direction. Nous apprendrons plus tard en voyant un homme faire du stop, qu’en Irlande ou du moins dans la région du Connemara, il ne faut pas lever le pouce pour monter dans une voiture mais le mettre vers le bas. Pratique étrange(re) qui nous aurait évité quelques courbatures !

Après quelques kilomètres, nous arrivons enfin sur les lieux. Il s’agit d’une petite ferme rénovée en camping doté d’une cinquantaine d’emplacements et niché au creux de la lande. Un chien de berger nous accueille joyeusement, suivi par sa maîtresse  L’hôtesse parle un anglais parsemé de gaélique (langue traditionnelle d’Irlande). L’endroit est sans doute calme, mais le vent souffle tellement qu’il brise ce silence sauvage. Les tentes installées plus ou moins bien à l’abri du vent, nous allons emprunter un réchaud pour notre plâtrée de pâtes  L’épreuve est toute autre ! Nous tombons sur le grand-père, un vieil homme charmant parlant exclusivement le gaélique. C’est donc en laissant notre dignité de côté, avec nos k-ways bleus et vert pomme sur le dos, que nous sommes forcés d’imiter un réchaud, sous le regard amusé de sa fille, la gérante ! Une fois les pâtes avalées, nous redescendons à Clifden boire un verre.

Le petit centre-ville est désert en ce mercredi soir de juin. Seuls deux pubs sont ouverts. Nous entrons dans celui qui nous semble le plus animé. « Hey frenchies! » nous accueillent les quelques fumeurs regroupés à l’entrée. A l’intérieur, c’est une toute autre ambiance ! Un groupe composé d’un accordéoniste, un clarinettiste, et un guitariste font danser petits comme grands. Tout est typique ici. De la tête de canard poussiéreuse accrochée, aux nombreuses chopes de Guinness suspendues au bar. Des banquettes de velours bordeaux, aux vieilles pubs pour du Bailey’s ornant le mur, en passant par le vieux parquet usé. Entre Guinness, Bayley’s et Smithwick’s, nous observons amusé ces danseurs amateurs. Après quelques verres et quelques rencontres, nous nous laissons entraîner dans leurs danses. Ce ne sont pas les pas qui comptent mais l’entrain que l’on y met. Enchantés mais épuisés, nous rentrons au camping.

Sky Road

Sky road, entre ciel et mer

Le lendemain, sur les conseils de la gérante, nous partons, basket au pied, pour une ballade sur la Sky Road. Une promenade de quelques kilomètres, longeant la mer. Ici encore le ciel se confond avec la mer. Malgré le vent, le soleil est encore une fois de la partie. Pour l’instant, la légende du mauvais temps irlandais s’avère plus fausse que celle des Leprechauns ! Les ruines d’un château s’étalent sur une longue falaise verte, quelques chevaux broutent au loin. C’est sur une petite plage de galets, en contrebas de la route, que nous décidons de nous arrêter avant de faire le chemin inverse. L’endroit est tout aussi calme et sauvage que le reste. Nous ne sommes dérangés que par un troupeau de vaches traversant la plage. L’éleveur rit et s’excuse, il ne pensait pas trouver des visiteurs sur cette plage. Au retour, nous pouvons apercevoir Clifden, son église et ses maisons.

Un parc de 2 000 hectares

La navette nous emmène le lendemain à Letterfrack, ville d’entrée du Parc du Connemara, où se trouve l’office de tourisme. Un bâtiment moderne abritant quelques expositions sur les espèces protégées du parc, une terrasse et quelques tables pour accueillir les randonneurs et un accès sur l’extérieur où les circuits débutent, du plus court au plus long (5 km). Comme l’on pouvait s’y attendre, beaucoup de marcheurs ont choisi, comme nous, cette journée dégagée pour avoir un aperçu de ce parc de 2 000 hectares. Les quelques embouteillages ne gâchent pourtant en rien la beauté de la randonnée. Le parc est aménagé de telle façon à ce que l’homme y laisse le moins de trace possible. Des passerelles en bois s’étendant sur plusieurs centaines de mètres, ont été installées pour traverser les immenses tourbières. La vue est complètement dégagée pour admirer ces plaines, ces landes immenses. Et toujours ces couleurs bleues et vertes qui sautent aux yeux et laissent un souvenir intarissable.

Sky Road

En prenant de l’altitude grâce aux sentiers escarpés, on peut enfin voir les fameux lacs, de grandes étendues d’eau coupées par quelques îles toutes aussi sauvages. Quelques mètres gravis encore nous permettent d’accéder au Diamond Hill, l’un des plus hauts sommets d’Irlande. L’oxygène se fait plus rare, l’air plus frais. Mais la vue en vaut la peine. Les lacs, les tourbières, la verdure à perte de vue. Et de l’autre côté, l’océan Atlantique.
Essoufflés, nous redescendons quatre heures après notre départ à l’office de tourisme. La navette (déserte) nous ramène à Clifden. Après cette dernière nuit, nous plions bagage. C’est en ramassant les tentes que nous entendons parler français. Un jeune couple vient d’arriver, ils discutent avec la gérante dans un français sans accent. « C’était tellement drôle de vous voir vous dépatouiller avec notre langue », nous lance-t-elle en guise de dernière phrase. En français et sans un brin d’accent gaélique !

Retrouvez la première étape de notre voyage en Irlande, à la découverte de Dublin

Louise Sebillet

Originaire de Bretagne, étudiante en deuxième année à l'EPJ de Tours née le 02/02/1992.

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