On the Irish road : Baile Átha Cliath, Dublin (1/4)

Temple Bar de Dublin

L’Irlande, pays de la Guinness, des légendes, des mythes, de la mer. Terre que l’on ne peut s’imaginer sans ses airs celtiques, ses danses endiablées, sa bonne humeur, ses pubs et sa Guinness. Pays des années noires de la famine aussi, de la guerre civile. Une terre légendaire à la teinte verte.

C’est ce qui saute aux yeux lorsque l’avion commence à perdre de l’altitude. Du vert ! Une terre, une île entièrement verte au milieu de l’immensité des eaux grises. Quelques maisons, quelques constructions parsemées dans ce paysage. Mais du vert surtout. Et puis Dublin la mythique ! Baile Átha Cliath de son nom gaélique (la ville du gué aux claies, en rapport avec la Liffey river.)

L’appareil s’ébranle. Nous foulons enfin le sol irlandais avec nos 15 kilos chacun sur le dos. On ne s’y croirait pas, l’aéroport ressemble à celui de n’importe quelle ville. Pourtant, on peut déjà entendre les voix des employés de l’aéroport. Cet anglais chantant, mâché, presque énervant pour nous, quatre petits étudiants tout droit sortis du système scolaire français où l’on apprend l’anglais sur des cassettes enregistrées. Qu’importe ! On s’y fera très vite !

Entre Bono et Molly Malone

La LiffeyLes sacs récupérés, nous sautons dans une navette qui nous mène à l’entrée du O’Connell Bridge. Direction l’auberge de jeunesse, le Litton Lane Hostel (actuellement le Sky Bacpakers) sur la rive nord de la Liffey.

A l’accueil, on nous indique les chambres. 8 lits, une odeur infecte, mais peu importe, l’endroit est agréable. Sur les murs, des portraits de Bono, Sinead O’Connor, Van Morrisson, etc. …

Le bâtiment abritait autrefois un studio où les plus grandes pointures irlandaises ont pu enregistrer leurs tubes. C’est donc devant une fresque de U2 au « living room », en sirotant une Carlsberg, que nous écoutons un vieux baroudeur australien chanter Alabama song (The Doors) mais aussi le très célèbre Molly Malone, l’air entonné par les supporters du club de foot gaélique de Dublin.

Notre Australien ne nous aura jamais dit si Molly Malone, cette jeune fille vendeuse de moules et de poissons, a réellement existé. Seul un Dublinois pourrait le dire !

Temple Bar : quelle ambiance !

Après avoir partagé une pizza avec un Américain et une Argentine, nous nous dirigeons vers le quartier le plus mythique de la ville : Temple Bar. L’endroit grouille de monde. Chaque pub plus coloré que son voisin attire le regard, chaque air joué au violon, à la flûte  à la guitare invite à entrer. Nous en choisissons un, plus par hasard que par réel choix. Un pub de supporters à première vue. Ce soir, l’équipe de Dublin joue. Impossible de savoir si c’est un match de football gaélique, un sport très populaire en Irlande ressemblant au rugby, ou un match de rugby. Le grand écran est inaccessible, des groupes d’hommes sont agglutinés autour, hurlant en levant leur pinte de bière, partagés entre joie et ivresse.

Les serveuses blondes, aux joues maquillées avec le fameux trèfle, slaloment tant bien que mal entre les tables. Accéder au comptoir est un véritable sport de combat, mais une fois installés, nous pouvons observer tranquillement cette joyeuse pagaille. D’un côté, les supporters beuglant, de l’autre quelques fans entourant un groupe de lycéens volontaires reprenant une vieille chanson des Cranberries. Comme beaucoup de pubs, celui-ci est assez grand pour accueillir un écran géant et un groupe sans pour autant se gêner les uns les autres.
Fatigués du voyage, nous reprenons la route de l’auberge. Le vent est cinglant pour une nuit de juin mais la vue est imprenable. Les bâtiments aux briques rouges parfaitement illuminés se reflètent dans les eaux noires de la Liffey River. Quelques couples se promènent sur le “Bachelors Walk”. L’agitation se cantonne à Temple Bar, le reste de la ville est étrangement calme.

Trinity College, l’université la plus ancienne

Trinity CollegeAu réveil, c’est une ville grouillante de monde et de voitures que nous découvrons. Sans avoir prévu d’itinéraire précis comme le reste du voyage, nous commençons à déambuler à travers rues et lieux dont nous ignorons tout de l’histoire. Sans doute un peu dommage mais quoi de mieux que d’apprécier la vue de ces immenses façades aux briques rouges écarlates sans être plongé dans le Guide du Routard.

Après avoir traversé O’Connell street (LA rue dublinoise incontournable) et son O’Connell Bridge, nous arrivons devant l’imposante Bank of Ireland. Une sorte de grand bâtiment gris aux multiples colonnes qui abritait autrefois le Parlement irlandais. Il suffit de tourner la tête et d’avancer de quelques pas pour se retrouver au Trinity College, la plus prestigieuse et ancienne université du pays. Sans doute l’un des plus beaux espaces de Dublin. Ici touristes et étudiants se côtoient entre les allées et la pelouse du College Park parfaitement entretenue. Faute d’argent, nous ne verrons pas le Book of Kells, le livre irlandais le plus ancien et le plus précieux. Il s’agit en fait du Nouveau Testament rédigé en latin sur une peau de bovin. Mais sa présence montre déjà l’importance et le mysticisme des lieux.

Nous traversons le campus de long en large jusqu’à nous perdre du côté des résidences étudiantes, où déjà de nouveaux étudiants emménagent pour la prochaine rentrée scolaire. Rien à voir avec les “cités U” françaises, du moins de l’extérieur. La médiocrité des constructions des années 70 est ici remplacée par les bâtiments géorgiens originaux. On se croirait presque dans une série américaine douteuse tournée à Harvard sur les fratries. Enlever à ça le côté beuverie et bière pong, y ajouter un côté austère et classieux.

Une visite de façades

“Vous êtes perdus ?” nous demande, dans un anglais mâché, un homme déchargeant un camion. “Non, juste des touristes avec peu de moyens.” Comme toute capitale, Dublin n’échappe pas à la règle. Rares sont les monuments avec entrée gratuite. Ce sera donc une visite de “façades”, faute d’argent et de temps. Il nous aurait fallu plus d’une journée pour visiter l’ensemble des monuments. C’est vers le château de Dublin (Dublin Castle) que nous orientons notre balade. Une tour moyenâgeuse aux pierres grises s’impose à nous. A l’intérieur, une cour joliment pavée accueille un groupe de touristes japonais. Nous nous asseyons sur un banc et profitons à leur insu de cette visite commentée en anglais. Ancienne résidence des vice-rois d’Angleterre, c’est dans ce château que le Président de la République d’Irlande se fait investir. Sans surprise, l’intérieur, dont nous n’apercevons que le hall d’accueil et les toilettes (!), est richement décoré.

La fin de la journée approchant, c’est dans le parc de la Saint-Patrick Cathedral que notre périple citadin se termine. Les parterres magnifiquement entretenus, entourent le lieu de culte catholique. Une architecture splendide mais dégageant ce sentiment de froideur et d’austérité bien connu. Le parc, lui, est beaucoup plus accueillant. Famille, amis et hommes d’Eglise s’y promènent en toute quiétude.

Cathédrale Saint-Patrick

Proximité et accessibilité

C’est ici que prend fin notre découverte dublinoise, bien conscients que faute de temps et d’argent, nous avons échappé à beaucoup de richesses que peut offrir la ville. Mais Dublin la Rouge est accessible à quiconque veut la découvrir. Une proximité géographique de la France mais pas seulement. Soyons plus explicite ! Dublin est certes une ville très agréable aux bâtiments magnifiques, animée par de nombreux artistes de rues et par ces mythiques pubs. Mais rien à voir avec les autres capitales d’Europe. Elle a quelque chose de plus accueillant, amicale et moins hautain. Peut-être n’avons-nous pas fréquenté les quartiers d’affaires ou autres quartiers richement fréquentés. Rien à voir en tout cas avec Paris et Bruxelles. C’est l’un des participants au voyage qui trouvera la phrase adaptée pour conclure cette première étape : « A Dublin, on ne se croirait pas dans une capitale. » Un bien comme un mal.

Crédits photos : Auréline Robert et B. Mauvoisin

Louise Sebillet

Originaire de Bretagne, étudiante en deuxième année à l'EPJ de Tours née le 02/02/1992.

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