La croisière s’amuse… ou pas (5/6) – Rome

Forum romain

Visiter Rome en un jour (à peine) ? Et pourquoi pas Paris, Londres ou New York tant qu’on y est ! Cette escale nous l’attendions autant que nous l’appréhendions. Force est de constater que nous ne nous étions pas trompés. Car Rome, en quelques heures, laissent un petit (un gros même) goût d’inachevé. Pour parler franchement, on ne verra quasiment rien de la capitale italienne, si ce n’est deux ou trois sites emblématiques et hyper touristiques. Quel dommage !

S’armer de patience pour rejoindre le centre-ville

Contrairement aux autres escales, le port de Rome (Civitavecchia) est assez loin du centre-ville. Impossible, cette fois-ci, de le faire à pied car même la journée ne suffirait pas ! Plusieurs solutions s’offrent aux croisiéristes pour parcourir les 80 kilomètres qui les séparent de la ville éternelle.

Soit on décide (pour une fois) de prendre une excursion, soit un bus touristique qui se trouve dans la ville de Civitavecchia mais les plus « baroudeurs » tenteront de se débrouiller par leurs propres moyens. Vous vous en doutez peut-être, c’est de la troisième option dont on va vous parler.

Première étape donc : sortir du port. Ce n’est pas une mince affaire car il est immense. Inutile donc de tenter le diable et de sortir seul. Pas de panique, une navette, gratuite, attend les touristes pour les conduire dans le centre de Civitavecchia. On ne peut pas la louper (quoique), elle se trouve à la sortie du bateau. Une fois arrivé, il est possible de se laisser tenter par les sirènes des bus touristiques qui font « leur marché » ou de rejoindre la gare, à quelques mètres de là. Il faut juste s’armer de patience car le hall est bondé. Mais le tarif vaut le coup : 24 euros pour un aller-retour pour 4 personnes. C’est parti pour une bonne heure de trajet, dans un wagon plein à craquer, où trouver une place assise relève du miracle. Il est un peu moins de midi. Terminus à la gare de Trastevere (néanmoins, il est plus simple de s’arrêter à la gare de San Pietro ou à la gare Termini).

Décrypter les transports en commun

ArchitectureUne fois descendu du train, carte et plan en main, ce n’est pas encore gagné. Il faut maintenant « déchiffrer » les transports en commun romains. Après avoir compris que les tickets étaient vendus dans les bureaux de tabac (1,50 euro l’unité mais il existe des pass avantageux pour la journée), l’idée est de de se rendre près de l’emblème de Rome : le fameux Colisée. Car aller dans la capitale italienne et ne pas l’apercevoir serait un sacrilège, non ?

Si vous comprenez la complexité des trams et autres bus, ce voyage sera une formalité. Sinon, il vous suffit d’afficher votre plus beau sourire, de trouver votre « proie » romaine dans le tram et de « déclamer » quelques mots en italiens (allez savoir pourquoi on vous répond en anglais). Et le tour est joué.
Le Romain se fera un plaisir de vous dire où il faut descendre et quel bus prendre, il vous accompagnera jusqu’à l’arrêt qui se trouve à quelques mètres du joyau romain.

Encore mieux, il vous fera une petite visite guidée des sites devant lesquels le bus passe. Ils sont sympas quand même, ces Italiens. Ils sont même accueillants.

Rome est à nos pieds … pour quelques heures seulement

Enfin, on est arrivé. Et quand on a fait des études d’histoire, des flashes de nos cours d’histoire ancienne réapparaissent (même si Rome, César, Auguste, Néron, Trajan, Hadrien et même Caton l’ancien nous ont passablement soulés quand on était dans un amphi…)

Mais pas le temps de rêvasser, le temps est compté. Premier arrêt. Le Colisée. C’est vieux. C’est grand. Très grand. Et surtout, il y a une file d’attente impressionnante pour le visiter. Le choix est fait. Le Colisée, ce sera seulement une vue de l’extérieur. Première déception. Allez, on repart . On va longer la via dei Fori Imperiali. Histoire de découvrir le forum, qui était la place principale où histoire, religion et politique se côtoyaient : basiliques, temples, arcs… sont encore débout et donnent un ensemble totalement éclectique… et totalement antique.

Fontaine de Trevi

Au bout de la via, on se retrouve sur la piazza Venezia, véritable nœud de circulation, où se dresse le massif monument dédié à Vitorio-Emmanuele II. Quelques photos souvenirs plus tard (avec ou sans les Romains déguisés en gladiateurs), il est temps de prendre le temps de manger. Ou pas. A défaut d’un bon plat de « pasta », on va opter pour un repas sur le pouce (éviter d’acheter des sandwiches près des grands sites touristiques, car la note risque d’être salée). Histoire de pouvoir profiter un maximum de la ville.

Après cette halte, direction la via Corso. Immense artère commerciale. Mais les magasins, ce sera pour une prochaine fois. L’objectif étant d’aller jeter une pièce dans la fontaine de Trévi, immortalisée dans La Dolce Vita de Fellini. Et c’est vrai qu’elle a du charme. C’est aussi vrai que c’est la plus courue de Rome, vu le nombre de touristes présents.

Ni une, ni deux, il faut repartir. Piazza di Spagna ou piazza Navona ? Un dilemme cornélien. Est-ce le côté français qui sommeille en nous qui nous conduit vers la piazza di Spagna ? Car en haut des marches, on découvre l’église française la Trinité des Monts (XVIe siècle), alors qu’à ses côtés, se trouve la Villa Medici, siège de l’Académie de France à Rome.

Et Saint-Pierre de Rome fut…

On continue ? L’idée est de redescendre par les petites rues romaines afin de rejoindre un des (nombreux) ponts qui enjambe le Tibre pour rallier une certaine place San Pietro (Saint-Pierre). Après avoir traversé par le pont Cavour, on longe les berges du Tibre où les bouquinistes sont légions. Quelques mètres plus loin, le château Saint-Ange focalise tous les regards ou alors c’est la statue d’Hadrien au sommet qui interpelle (d’ailleurs, le château renferme son tombeau).

Cette fois-ci, c’est un pont qui attire l’intérêt. Le Pont Saint-Ange, réservé aux piétons, qui est bordé de statues de Bernin, sauf celles de Saint-Paul et Saint-Pierre à l’extrémité. Plus on avance, plus la foule se fait compacte. Pour cause, sous le soleil couchant de ce mois de décembre, le dôme de la basilique Saint-Pierre apparaît, comme paré d’or.
Que l’on soit croyant ou non, ça fait quelque chose de se retrouver au cœur du système catholique. La place Saint-Pierre est noire de monde mais on peut quand même admirer sa beauté : ses colonnes, ses statues, ses deux fontaines et au centre l’obélisque, qui provient de l’ancien cirque de Caligula. Et puis des chaises. Des centaines de chaises. Normal, dans quelques heures, quelque 40 000 jeunes chrétiens de toute l’Europe vont participer aux 35e journées européennes de Taizé. Une logistique impressionnante.

Place Saint-Pierre

Encore une fois, c’est à regret que nous devons renoncer à visiter : ni la crèche monumentale qui a été érigée au milieu de la place, ni le joyau du Vatican : la chapelle Sixtine. La file d’attente étant, là aussi, interminable. Foutues aiguilles de montre qui tournent !

On n’apercevra pas non plus le pape Benoit XVI au balcon (et pour le coup, c’était le moment où jamais car on ne le verra plus du tout prononcer d’homélie !). On ne verra que les inimitables gardes suisses et leurs costumes aux couleurs vives (si ça vous chante, ils sont disponibles pour poser sur les photos souvenirs. Par contre, inutile de se casser la tête à construire une phrase en italien, ils parlent… allemand.)

Direction la gare de San Pietro. Si Rome qui, on le rappelle, est éternelle, patientera pour nous revoir, le bateau, lui, ne prendra pas la peine d’attendre les Français un peu blasés de repartir si vite.

Mais, peut-être bien que le vœu que nous avons fait en jetant notre obole dans la fontaine de Trévi était de revenir très vite pour (re)découvrir les richesses de cette ville, qui offre un cours d’histoire à ciel ouvert. Et si on repartait à Pâques ? Histoire d’apercevoir la fumée blanche qui sort des cheminées du Vatican !

> Note
Les excursions prises sur le bateau vous coûteront : pour la moins chère, 48 euros/adultes et 34 euros pour les enfants. Le prix comprend le trajet aller et retour en bus ainsi qu’un plan de la ville ; pour la plus chère, 114 euros par adulte et 80 euros par enfant (repas compris), pour une visite des grands sites de la ville.

En bus touristique au départ de Civitavecchia, il faudra compter 30 euros (environ) par adulte et entre 15 et 20 euros par enfant.
En train, le tarif est de 5 euros par adulte jusqu’à la gare Termini et de 2,50 euros pour les enfants (les enfants de moins de 4 ans ne paient pas).

En ce qui concerne la restauration, comme dans toutes capitales européennes, les tarifs sont élevés. Encore plus lorsque l’on est proche des sites touristiques. On peut conseiller d’aller prendre un café sur la terrasse extérieure de Gusto (à deux pas du mausolée d’Auguste). Le brunch semble très appétissant (10 euros) et la déco intérieure est bien pensée.

Si vous souhaitez partir à Rome un peu plus longtemps qu’une journée, pour un long week-end, pensez aux compagnies aériennes low-cost. Les tarifs ne sont pas très élevés. Au départ de Lyon, il est possible de trouver des billets à 60 euros aller/retour.

Date du reportage : décembre 2012

Recherches qui ont permis de trouver cet article :

    civitavecchia rome, navette port civitavecchia a place saint pierre

Karine Wierzba

Journaliste au Progrès née le 16/11/1977. A une phobie de l'avion... mais se soigne !

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