La Syrie, huit mois avant le chaos

Krak des chevaliers

Les souks de Damas et d’Alep bercés par une douce agitation, la chaleur écrasant les ruines de Palmyre et leurs vendeurs de keffieh, des touristes vaquant dans une « ville morte » sous l’œil indifférent de moutons avalant une herbe jaunie… On pourrait décliner à n’en plus finir ces descriptions de cartes postales.

Et pour cause, tel fut notre quotidien pendant quinze jours d’un surprenant voyage au cœur de la Syrie. C’était il y a tout juste deux ans, au début d’un été brûlant, climat s’entend. Huit mois avant que les premiers signes de soulèvement de la résistance au pouvoir en place n’éclatent. Et que les milices d’El Assad ne plongent leur pays dans l’horreur.

Des questions sans réponse

A quoi ressemble-t-il aujourd’hui alors qu’il est (presque) interdit aux journalistes, et bien sûr aux touristes, d’y rentrer ? Que sont surtout devenus les Syriens que nous avons rencontrés avec qui il était si facile d’échanger, malgré, parfois, la barrière de la langue ? A cela, nous n’avons malheureusement pas de réponse. Tout au plus, nous savons que la famille de nos hôtes a pu fuir au Liban.

Un incroyable patrimoine touristique

Il peut paraître du coup bien futile de jouer les guides, derrière son écran, alors que la Syrie est en guerre. Mais on se souvient des propos de ce colonel en retraite reprochant au régime de ne pas profiter de l’incroyable patrimoine touristique pour ouvrir son pays sur l’extérieur. La variété des sites est en effet exceptionnelle. A l’inverse d’une mise en valeur très aléatoire d’un endroit à l’autre, allant du sublime (le krak des chevaliers) à l’abandon (certains vestiges des villes mortes, encore utilisés par les bédouins). Mais au moins, on échappe au tourisme de masse.

Reste que tout autant, sinon plus que les vieilles pierres, la Syrie mérite de se découvrir en partageant le quotidien de ses habitants. A leur table en dégustant les innombrables mezzés, en sirotant un raki ou simplement en déambulant au pied de la citadelle d’Alep, ou encore en prenant un train d’un autre temps entre Damas et Homs. Mais ça, c’était avant les événements que l’on sait.

Date du reportage : été 2010

Olivier Guichard

Journaliste sportif en PQR né le 10/02/1972.

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