De Mexico à Cancún (5/6) : sur la route des Mayas, des temples et des cactus

Mexique - Chichen Itza

Chichén Itzá vaut bien quelques sacrifices

Chichén Itzá figure au rang des sept nouvelles merveilles du monde. C’est l’une des cités mayas les mieux conservées du pays. Centre commerçant, religieux et militaire, elle a connu son apogée entre XIème et le XIIIème siècle. Le site est encore aujourd’hui drapé d’un voile de mystère, notamment en ce qui concerne sa chronologie. Mais à peine descendus du van qui nous transporte, c’est un aspect moins magique qui nous emporte. Le site se trouve sur tous les itinéraires touristiques, alors ne vous attendez pas à la jouer aventurier solitaire.

Pour esquiver un peu la foule et la chaleur, il vaut mieux visiter Chichén Itzá le plus tôt possible dans la matinée. Quand midi sonne, la file d’attente aux tourniquets d’entrée rendrait presque jaloux les meilleurs parcs d’attraction. Et si vous n’avez pas perdu patience à l’entrée, méfiez-vous. Car il faudra encore lutter âprement contre un soleil qui ne vous épargnera aucun mouvement superflu, mais aussi faire face au ballet incessant des innombrables vendeurs ambulants (qui auront sans doute raison de vos économies et un peu de votre patience), avant de pouvoir enfin profiter du génie maya.

Eh oui, le chemin de Chichén Itzá est semé de quelques embûches, mais la légende maya vaut bien quelques sacrifices après tout…

Les serpents légendaires d’El Castillo

En déambulant entre les vestiges, vous découvrirez dès les premiers mètres l’impressionnante pyramide d’El Castillo. Le temple, dédié à Kukulcàn et vieux de plus de mille ans, domine le site. C’est un symbole maya à lui tout seul. Sa conception est parfaite au plan astronomique, un domaine dans lequel les Mayas excellaient. Les quatre escaliers sont orientés vers les points cardinaux et divers éléments correspondent aux principes du calendrier maya.

Plus étonnant encore, sur l’escalier nord, deux fois par an, lors des équinoxes (21 mars et 21 septembre), une illusion d’optique prodigieuse se produit : le soleil projette sur la pyramide une ombre qui descend les marches en serpentant jusqu’aux deux têtes du serpent de base. Un incroyable jeu d’ombres et de lumières qui donne l’illusion qu’un serpent descend lentement du sommet du temple, la gueule ouverte.

Plus loin, l’architecture de l’Observatoire est également à apprécier. De là, les Mayas, férus d’astronomie, observaient et prédisaient les phases de la lune, les éclipses, les solstices… Tout ça bien entendu sans horloge ni télescope ! Attention, contrairement aux pyramides de Palenque et de Teotihuacán, il n’est plus possible de gravir les monuments de Chichén Itzá depuis 2007, et ce dans un esprit bien légitime de conservation.

Mexique - Chichen Itza

Le jeu de balle, le sport qui fait tomber les têtes

A deux pas de la pyramide d’El Castillo, vous foulerez un terrain des plus mythiques. Un monument du sport cette fois-ci. Un jeu de balle long de près de 170 mètres avec deux anneaux sculptés et encore visibles. L’endroit n’est pas le plus esthétique ni le plus impressionnant du site, mais il vaut quand même le coup d’œil, rien que pour son histoire liée au jeu de balle.

Le jeu de balle ? Il était joué pendant les cérémonies religieuses et avait une dimension rituelle. Deux équipes s’affrontaient et devaient se renvoyer une balle de caoutchouc sans la faire tomber. Les plus adroits pouvaient aussi tenter de faire passer la balle à travers les anneaux de pierre fixés en hauteur sur les murs latéraux. Côté restrictions, les joueurs ne pouvaient toucher la balle qu’avec les hanches, coudes et genoux. Jamais avec les mains ou les pieds. Un mix de volley et de basket en quelque sorte. Mais attention, leur troisième mi-temps était beaucoup moins riante (encore que…). Certains historiens affirment que le capitaine de l’équipe gagnante se faisait trancher la tête par celui de l’équipe perdante à la fin du match. Eh oui, donner son sang aux Dieux étant un grand honneur à l’époque…
D’autres affirment que c’est le capitaine de l’équipe perdante qui était décapité et que l’équipe perdante était entièrement composée de prisonniers de guerre. Et pour être sûr que le chef des prisonniers de guerre perde le match, il était affamé plusieurs jours avant d’entrer sur le terrain. Et s’il était encore trop vigoureux, les organisateurs de ce spectacle son et lumière n’hésitaient pas à lui casser un bras ou une jambe selon l’humeur, histoire de ne plus laisser aucune place au hasard. Le don de soi, c’est aussi ça la beauté du sport.

Pour finir, un saut par le cénote sacré

Plus au nord du site, si vous continuez votre balade entre les nombreux iguanes et après avoir passé le Temple des Guerriers et El Castillo, vous tomberez forcément sur l’un des deux cénotes sacrés. C’est l’une des explications de la présence de ce site maya ici : ce puits naturel constituait une bénédiction dans cette région dépourvue d’eau.

Le cénote sacré situé au nord du site serait la demeure du dieu de la pluie Chac. Ce puits aurait abrité de nombreux sacrifices humains. Dans l’autre cénote, qui se situe à l’extérieur du site, il est possible de se baigner, moyennant comme ailleurs, un droit d’entrée.

La visite de Chichén Itzá touche à sa fin. Le lieu est impressionnant mais le charme maya opère moins que dans la jungle de Palenque. Cap maintenant sur les eaux limpides de la mer des Caraïbes, du côté de Cancún, Playa del Carmen et de Tulum.

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Xavier Alloy

Journaliste en PQR né le 14/12/1988. A posé le pied sur quatre continents et espère ne pas en rester là !

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