NBA : Toronto-Boston, au-delà des frontières du sport

Basket NBA (2013) - Toronto Raptors vs Boston Celtics

Le 17 avril 2013, quelque 48 heures après les attentats perpétrés lors du marathon de Boston, les Celtics se rendent à Toronto pour affronter les Raptors. Lors de ce dernier match de la saison de NBA, l’hommage est à la hauteur de l’événement. Émotions garanties.

Depuis 16 ans, l’Air Canada Centre a déjà accueilli plusieurs centaines de rencontres. Qu’il s’agisse de NBA (basket) ou de NHL (hockey). Plus ou moins importantes et décisives, certaines ont marqué les passionnés, d’autres sont d’ores et déjà oubliées. Mais, à coup sûr, ce soir d’avril 2013 ne restera pas dans l’anonymat.

Les États-Unis sont encore sous le choc. Les télévisions du monde entier passent les images en boucle. Les deux principaux suspects sont pris en chasse par les autorités américaines. Deux jours à peine après le tragique marathon de Boston, Paul Pierce et ses coéquipiers ont décidé de passer la frontière pour tenter d’oublier et de surmonter le drame.

La photo d’un enfant de huit ans, tué dans l’attentat, est dans tous les esprits. Mais la vie continue. Vecteur d’épanouissement et de dépassement de soi, le sport a la faculté de rassembler. Une solidarité à toute épreuve dans des moments aussi douloureux.

« J’y étais »

Toronto a des airs de New York à taille réduite. Un petit Manhattan aux allures de grande métropole. Son Chinatown, ses buildings, sa CN Tower, son caractère cosmopolite. Mais la Big Apple canadienne est aussi la ville qui accueille le plus d’équipes professionnelles dans le pays. Du baseball au hockey, en passant par le football et le basket, les Ontariens se prennent au jeu. Entre simples amateurs et véritables passionnés, il y en a pour tous les goûts. Les Maple Leafs, les Blue Jays, ou encore les Raptors enflamment le centre-ville de la cité. Et ce, plusieurs soirs par semaine.

Basket NBA (2013) - Toronto Raptors vs Boston Celtics

Si le côté répétitif des manifestations pourrait parfois paraître grisant, il est des événements qui vous emmènent au-delà d’une simple rencontre sportive. Ce match entre les Raptors de Toronto et les Celtics de Boston ne devait pas en être un. Dernier rendez-vous de la saison régulière, il ne revêtait aucun enjeu sportif majeur. Il pouvait simplement permettre aux locaux de terminer en beauté une saison délicate, et aux visiteurs de préparer au mieux les play-offs à venir. Mais quand les éléments s’en mêlent, l’émotion prend le pas sur la passion.

La veille, la rencontre entre les Celtics et les Pacers d’Indiana avait été annulée. Boston ne s’était pas encore relevé. Alors, à l’annonce d’une minute de silence, les travées de l’Air Canada Centre restent muettes. Comme un seul homme, les quelque milliers de personnes présentes se figent. Le temps parait suspendu. Le moindre souffle résonne entre quatre murs. L’hommage est profond, le respect indéfectible. La standing ovation qui s’en suit couronne cet instant solennel. Si le jeu reprendra ensuite ses droits, ce moment de partage et de solidarité transporte l’ensemble des spectateurs au sein d’un souvenir commun et marquant. « J’y étais », diront-ils.

Un souvenir impérissable

Partie prenante du sport, la dramaturgie a rendu célèbre plus d’un événement aux quatre coins de la planète. À l’instar de Boston, nombreux sont les lieux, événements ou monuments sportifs associés à un drame. Les noms des stades du Heysel ou d’Hillsborough évoquent, encore et toujours, le souvenir des tragédies respectives de ces deux enceintes de football.

Les Jeux Olympiques de Munich restent, quant à eux, ceux de Septembre noir. En 1972, huit membres de cette organisation terroriste palestinienne s’étaient introduits dans le village olympique. Après avoir abattu deux membres de la délégation israélienne, ils en ont pris neuf autres en otage. La tragédie se terminera dans un bain de sang.

Quoi qu’il advienne, le marathon de Boston restera à jamais associé à ces attentats. Une marque indélébile pour les Américains. Près de douze ans après le 11 septembre 2001, l’Amérique reste meurtrie. Le vent de panique répandu après les événements du mois d’avril en est une preuve irréfutable. La cicatrice n’est pas prête de se refermer. Un tel hommage ne fera que l’atténuer.

Gaëtan Barralon

Apprenti journaliste né le 07/05/1992, fan de sport et amoureux des grands espaces. Un coup de coeur prononcé pour le Québec, ses paysages et sa culture.

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