On the Irish road : Dingle et Cork (4/4)

Dingle

Nous quittons Galway pour descendre vers Dingle. Faute de temps, Limerick et Tralee ne sont que des étapes pour prendre un autre bus. Le réseau de bus en Irlande équivaut au réseau des chemins de fer de n’importe quel autre pays. Très bien desservi, ce réseau permet en plus aux Irlandais de faire d’énormes économies. Une amie Irlandaise nous apprendra par la suite qu’un trajet Cork-Dublin ne lui coûte qu’entre 10 et 20 euros en bus. En train, il faut compter 70 euros !

Une attraction depuis les années 80

Dingle est une petite ville de pêcheurs. Ses maisons colorées, ses restaurants de fruits de mer et ses nombreux pubs attirent un grand nombre de touristes. Mais la principale attraction de la ville porte le nom de Fungie, un dauphin ayant élu domicile dans la baie de Dingle depuis les années 80. L’industrie touristique de la ville s’est développée autour de l’animal. Plusieurs compagnies proposent des départs en bateau au port de Dingle pour aller voir l’animal, une statue en son honneur a été érigée sur la place centrale et on ne compte plus le nombre de bibelots à son effigie dans les boutiques de souvenirs.

Dingle

DinglePour apercevoir le poisson et éviter de dépenser une dizaine d’euros, il « suffit » de longer la côte sur deux kilomètres à marée basse, vers Lough. Arrivés au petit phare à l’entrée de la baie, le principe est simple : s’installer confortablement dans l’herbe humide des falaises et observer les bateaux remplis de touristes. D’après les annonces publicitaires, les bateaux attirent Fungie. Ce n’est pas faux. Bien souvent, le bateau vient et repart avec, à son bord une dizaine de déçus. Il faudrait en fait attendre quelques minutes de plus pour voir l’aileron du dauphin. Certains chanceux embarqués arriveront quand même à apercevoir un bout d’aileron ou à le voir sauter. Aucun regret pour notre part. Le cadre vaut le détour : une baie entouré de longues falaises vertes surplombées par un petit phare blanc, des bateaux, la mer, un dauphin.

Irlandais, Québécois, Anglais, Français

Retour dans le centre de Dingle. Nous trouvons de la place au Hideout Hostel, une auberge de jeunesse, ambiance familiale. Rien à voir avec la Kinlay House de Gallway (Kinlay House est une chaine d’auberges aux prix assez raisonnables mais fonctionnant comme des usines). Le papier-peint est immonde mais le dortoir est composé de 4 lits seulement. The Hideout Hostel a en plus de l’énorme buffet breakfast, une Canteen, son propre restaurant. Rien de tel que de déguster un vrai fish’n chips avec purée de pois cassés, au coin du feu.

Notre séjour à Dingle se termine par une rencontre. A la sortie du supermarché local, l’air de Minor Swing (titre du grand Django Reinhardt) fait s’arrêter une vingtaine de passants. Derrière ce petit rassemblement, une fille, trois garçons, un violoncelle, un accordéon, une guitare et un harmonica. Le groupe s’est formé une semaine auparavant, un seul est français, les autres sont québécois. Ils se sont rencontrés par hasard à Galway et ont décidé de faire le voyage ensemble. Ce soir, ils jouent au Blue Zone. Le rendez-vous est donné. Tout près de l’église, le Blue Zone est un bar atypique. Un de ceux que l’on pourrait trouver en France. D’ailleurs, le patron est français. Murs bleus canard, parquet clair, petites tables basses, fauteuils club … Le lieu change des pubs irlandais que nous avons fréquentés auparavant. Ici, c’est plutôt verre de moelleux siroté sur fond d’Ella Fitzgerald. Molly Malone et ses verres de Guinness sont bien loin. Mais l’ambiance jazzy qui y règne n’est pas désagréable.

Dingle

22h. Nos Franco-québécois dézippent leur housse et commencent à jouer. Une jeune Londonienne les rejoint pour chanter. Et sans doute ce que nous retiendrons de cette soirée. Peu importe le bar et l’ambiance, il n’y a qu’en Irlande que l’on peut rencontrer autant de monde, de gens débarrassés de toute appréhension ou politesse stupide, curieux de connaître de nouvelles personnes. Pouvoir chanter sans complexe en sachant parfaitement que l’autre donnera la réplique.

Cork, entre légendes et dance-clubs

C’est avec regret que nous quittons le Blue Zone mais la navette du lendemain ne nous attendra pas. Direction Cork. C’est chez une amie irlandaise habitant Donoughmore que nous passons nos deux dernières nuits. C’est l’occasion pour nous de vivre réellement pendant deux jours avec une famille irlandaise. Seul point gênant : les parents de Megan voulant nous faire plaisir nous offrent au petit-déjeuner, un fromage chacun (parce que « les Français adorent ça »). Le brie à 9h du matin a tendance à mal passer mais nous apprécions cette petite attention !

A part une promenade à travers champs, nous ne verrons que peu de chose de la petite commune située à 25 km de Cork. Megan passe la plupart de son temps à Cork où elle passe l’équivalent français d’une licence en chimie. L’University College Cork occupe, tout comme Trinity College, de grands bâtiments datant du XIXe siècle.

Même en ville, les légendes demeurent en Irlande. D’après Megan, quelques superstitions règnent depuis des années sur le campus. Sur le sol de la Honan Chapel, se trouve un cercle sur lequel les jeunes étudiantes ne marchent jamais par peur de tomber enceinte durant l’année scolaire ! Autre légende : aucun étudiant ne traverse la pelouse faisant au bâtiment de la direction. Celui qui aurait l’audace de le faire prend le risque de ne pas avoir son diplôme. « On ne sait pas si c’est vrai, mais on évite tous de le faire », nous confie Megan.

Voulant nous faire découvrir des endroits qu’elle aime, Megan nous emmène à l’English market, un marché couvert dans un bâtiment datant de la colonisation anglaise. « J’y allais tout le temps avec ma mère quand j’étais petite et j’aime toujours y retourner », raconte l’Irlandaise. Et on peut le comprendre. Ici, la beauté du lieu s’ajoute aux odeurs délicieuses de la charcuterie, des plats traditionnelles préparés sur place et aux couleurs de la multitude de légumes, de fruits, de poissons, de vins et autres produits locaux.

Connaissant déjà Cork, nous ne faisons pas le tour de tous les monuments mais le passage par St Patrick’ street est inévitable, la grande rue commerçante de Cork où toutes les enseignes possibles sont présentes. Le soir, nous suivons Megan au « Franciscan Well », un bar qui fait ses propres bières. Les trois boissons proposées massèrent dans de grands futs exposés derrière le bar. L’ambiance est sympa et les bières délicieuses.

C’est une tout autre ambiance que nous découvrons ensuite : celle d’un night-club fréquenté par tous les jeunes de Cork. Déjà, l’environnement nous plait moins mais, quitte à vouloir découvrir le pays, autant le faire jusqu’au bout. Il n’y a pas seulement des pubs rustiques et poussiéreux en Irlande mais aussi tous les bars dansants et boites de nuit fréquentés par la jeunesse irlandaise.

Généralement, nous ne connaissons pas les chansons qui y passent. Normal puisque les titres diffusés (souvent des tubes américains) par les stations de radio ou les DJ’s sortent 3 ou 4 mois plus tard en France. La mode vestimentaire n’est pas non plus la même. « Vous vous habillez triste en France. Classe mais triste. » Les jeunes irlandaises arborent couleurs flashy et mini-jupes sans complexe.

Vue aérienne de l'Irlande

Éire go deo !

La soirée se termine. Nous regardons défiler par la fenêtre de la voiture les lumières de la ville en traversant le St Patrick’s bridge. La ville a ce côté rebelle, anticonformiste par rapport au reste de l’Irlande. A Cork, on se sent en Irlande sans y être vraiment. Une ville du Sud, la plus française de toutes les villes d’Irlande. L’accueil et la chaleur humaine des Irlandais restent pourtant bien présents. Nous passons une dernière nuit chez les parents de Megan avant de rejoindre l’aéroport.

Une nuit sur ses bancs froids et le séjour s’achève. Bientôt les immenses champs verts disparaitront du hublot de l’avion pour laisser place à l’eau grise de la mer. Ce n’est sans doute qu’un au revoir, comme vous le diront beaucoup de voyageurs. Comme le dit la devise nationale, Éire go deo : l’Irlande toujours !

Retrouvez les autres étapes de notre voyage en Irlande, à Dublin, dans la région des lacs du Connemara et à Galway.

Photos : Auréline Robert et Benjamin Mauvoisin

Louise Sebillet

Originaire de Bretagne, étudiante en deuxième année à l'EPJ de Tours née le 02/02/1992.

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