Allez, viens, on fait Paris – Londres à vélo

Paris – Londres. Les deux capitales ne sont pas si loin l’une de l’autre et c’est tout à fait faisable en vélo. A la clef, la redécouverte des campagnes françaises et anglaises… et des distances. Suivez le guide.

Paris - Londres en velo (20)

WINTER IS COMING. Alors, pour ne pas se perdre dans la déprime hivernale, rien de mieux que de préparer les vacances de l’été prochain. Et si vous alliez à Londres ? Déjà fait, me direz-vous. D’accord, mais si vous troquiez l’Eurostar contre… votre vélo ? Ça prend un chouïa plus de temps, c’est vrai, mais ça vous évite d’y laisser un bras en train… et de perdre quelques kilos sur le chemin (entre autres avantages).

Côté pratique, comptez environ 400 kilomètres l’aller. L’option « fainéant » est de prendre le train au retour (l’Eurostar vous prendra 25£ pour ça). 400 km… au bas mot. A cela il faut aussi compter les « petits-crochets-de-rien-du-tout-sur-la-carte », les détours malencontreux parce que vous ou votre compère a mal lu la carte, ceux pour trouver une boulangerie ouverte et ceux pour rejoindre votre chambre la nuit, rarement pile-poil sur le trajet. 500 kilomètres est un décompte plus proche de la réalité. Tout ça, me direz-vous ? Oui, et c’est loin d’être insurmontable. En combien de temps ? 5 jours sont largement suffisants. Si, si. Lisez bien le déroulé du trajet qui suit.

Jour 1 : L’Ile-de-France (Paris > Le parc du Vexin)

Pour aller à Londres depuis Paris, il suffit de suivre les flèches. Eh oui, il y a un itinéraire balisé depuis la cathédrale Notre-Dame jusqu’à la Manche. Ensuite, il faut suivre différentes lignes du NCN,  le National Cycle Network jusqu’au coeur de la capitale londonienne.

Bon, dans certains coins de l’Ile-de-France, ne pas se perdre relève de la gageure. Les panneaux apparaissent et disparaissent au gré des virages de la Seine, fleuve que vous allez d’ailleurs suivre un bon moment d’ailleurs. À gauche ? À droite ? Vous avez pris à gauche ? Perdu, c’était à droite. Ça pimente un peu le trajet certes bucolique, mais finalement monotone en banlieue parisienne (sauf la partie « impressionniste » entre Colombes et Saint-Germain-en-Laye). Arrivé au bien nommé Cery-le-Haut (vous comprendrez une fois sur place), ça y est, vous êtes dans la campagne. Encore quelques coups de pédale et vous pourrez rejoindre votre destination pour la nuit (Us pour nous en l’occurrence. Oui, la blagounette sur le nom de la ville a déjà été faite, taguée sur les panneaux de la ville).

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Jour 2 : Le Vexin (Us > Gournay-en-Bray)

Le Vexin, c’est beau. Je développe : des champs partout, en friche ou en culture (visiblement, la spécialité du coin c’est la betterave à sucre), des petits chemins de terre à travers lesdits champs, des petites routes désertes ou presque. Bref, la campagne. Grisé par le vent qui vous caresse le visage, vous déconnectez complètement de la morne routine parisienne (c’est beau comme du Baudelaire). Le Vexin, c’est beau, mais c’est aussi… vallonné. Un mot peu employé, c’est vrai, derrière lequel se cachent parfois de raides montées et des descentes aigres-douces puisque vous savez pertinemment qu’il faudra les remonter tôt ou tard. Chienne de vie.

Vos 100 km de la journée avalés en 8 heures (la moyenne, grosso modo), pensez à rallier votre point de chute pour la nuit. Si vous hésitez et que l’idée de dormir au-dessus d’une authentique étable vous enchante, on en a une super adresse à vous conseiller dans une ferme biologique.

Jour 3 : La Normandie (Gournay-en-Bray > Dieppe > Brighton)

C’est l’étape la plus facile du trajet et pour cause : c’est en pente douce. Les dernières montées et descentes du Vexin avalées de bon matin (ça met en jambes), vous êtes prêts pour aller jusqu’à Dieppe en un temps record grâce à l’avenue verte. Une avenue dédiée aux modes doux, goudronnée, au coeur de la forêt. Un régal. Pour peu qu’il fasse beau et que vous ayez le vent dans le dos, vous y serez en trois coups de pédale.

Vous aurez alors même le temps de piquer une tête et d’engloutir un petit quelque chose (d’expérience, évitez les soi-disant galettes bretonnes du port) avant d’embarquer sur le ferry. DIRECTION L’AMERI… Heu, non. L’ANGLETERRE ! La traversée en ferry (environ 40 euros) vaut le détour : 5 heures coupés du monde, sans réseau, sans wifi. Rien que vous et la mer.
Arrivé à Newhaven, deux options : rejoindre un hôtel pas trop loin du port ou rallier Brighton, en roulant à gauche sur des routes pas éclairées au bord de la mer. Cette dernière option flattera à coup sûr votre côté aventurier. Comptez une heure (si vous ne vous perdez pas).

Jour 4 : Le sud de l’Angleterre (Brighton > Forest Raw)

Brighton vaut de s’arrêter quelques heures. Cette petite cité balnéaire d’un demi-million d’habitants, tout de même, avec sa jetée, son casino, son petit parc d’attractions et ses rues commerçantes donne une autre image de l’Angleterre que Londres.

Évitez de trop y flâner cependant : les kilomètres à avaler pour rejoindre votre dernière étape restent les mêmes – 80 au moins – que vous partiez à 8h ou à midi. Et arriver de nuit n’est pas forcément une bonne idée, sauf si, là encore, vous voulez flatter votre côté aventurier en empruntant le chemin traversant des bois coupés de toute civilisation.
On vous prévient tout de suite parce que ça ne se voit pas sur la carte et personne ne vous le dira : le Sud de l’Angleterre, c’est vallonné. TRES VALLONNÉ. Comme le Vexin, mais en pire. Rien d’insurmontable, mais c’est assurément la partie la plus difficile pour les cuisses et les mollets. Vous êtes prévenus. Que ça ne vous empêche pas de profiter du paysage, du splendide Cuckoo Trail qui traverse la forêt, ni de la campagne anglaise qui vous entoure, hein.

Jour 5 : le (très) grand Londres et Big Ben (Forest Row > Londres)

C’est en vélo que vous vous apercevrez combien le grand Londres porte bien son nom. C’EST GRAND. En arrivant à Old Coulsdon, vous avez une vue dominante sur la capitale. Vous apercevez même au (très) loin les tours de la City. Mais le chemin qui vous sépare est encore long : quelque 40 kilomètres dans la banlieue que vous verrez se densifier très rapidement. Puis apparaîtront les premiers arrêts de bus, avec leur signalétique reconnaissable entre mille, les stations de train et les premières bouches de métro.

Rien de compliqué dans cette étape. Les deux jours à rouler à gauche ont progressivement fait tomber votre réflexe de vous mettre à droite, c’est-à-dire à contre-sens, quand un danger survient. Vous pouvez donc rouler tranquillou jusqu’à Londres. Battersea, la Tamise, les quais, un pont. Westminster est à votre portée. Encore un dernier coup de pédale et vous y voilà : Big Ben. Prête (oui, c’est une fille. Personne ne vous l’a dit ?) à sonner pour marquer votre arrivée. 5 jours et 500 kilomètres plus tard, vous y êtes : Londres à la force de vos mollets ; un sentiment grisant de satisfaction vous envahit alors. Il ne reste plus qu’à profiter de Londres et de ses fish’n’chips. Ah, un dernier conseil parmi d’autres : allez voir Billy Elliot si la comédie musicale se joue toujours. C’est fantastique.

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Geoffrey Bonnefoy

Journaliste numérique, blogueur et infatigable voyageur né le 08/02/1985. Fait dans l'hyperlocal et l'international, tavu.

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