Pékin : un dîner dans les dédales de Wangfujing

Vieux chinois

Côté gastronomie de la rue, Pékin regorge de coins où grignoter. Salé, sucré, européen, exotique… Mais s’il ne fallait choisir qu’une rue, qu’un seul quartier de la capitale de la Chine, ce serait Wangfujing. A quelques pas de la place Tien An Men, le quartier mixe sans scrupules grand modernisme et vrai/faux hutongs. Partout, des échoppes proposent des petites choses odorantes et gourmandes, parfois rebutantes. Mais ça marche : on en ressort repus et étonné du voyage.

Scorpion ou hippocampe ?

Il suffit d’avoir quelques yuans en poche et le sens de l’aventure gustative. Et de suivre les foules qui, de la place Tien-An-Men, font la balade jusqu’à Wangfujing. La rue est piétonne, du moins partiellement, là où l’on trouve les principales boutiques et bouis-bouis. En passant sous le porche de ce que certains appellent la « snack street », on sent déjà plusieurs odeurs affluer. La viande qui grésille, le sucre qui fond, les épices qui s’envolent.

Le premier a de quoi impressionner : ici, on mange des scorpions frits. Ou des hippocampes. Mais attention, si le met à de quoi rebuter, il est aussi un peu cher : 25 yuans pièce. Soit un peu plus de 2,5 euros le scorpion. Pour une étoile de mer ou des crickets, il faut prévoir le même budget. On leur préférera les brochettes d’agneau épicé, à 8 yuans les 10. C’est l’une des spécialités les plus appréciées : les poubelles, jonchées de bâtonnets, peuvent en témoigner. Après les brochettes, ce sont les raviolis vapeur qui sont les mieux représentés. A la viande, aux légumes ou aux fruits de mer, ils sont légers, parfumés et se mangent facilement. Quand on sait manier les baguettes, bien sûr. Même si c’est sans doute moins pékinois, nous trouvons également beaucoup de crêpes fourrées aux légumes ou à la viande, très goûteuses et vendues par deux pour 5 yuans.

Mais qui est-ce ?

Pour le sucré aussi

Et au niveau du dessert ? Deux spécialités chinoises intéresseront les gourmands : d’un côté, la multitude de nougats aux diverses graines, plus ou moins épaisses. Derrière le stand, deux confiseurs sont occupés à taper très fort sur un met appétissant, difficile à distinguer.

De l’autre, les brochettes de fruits confits dans du sucre, appelés tanghulus. Aussi appétissantes que des pommes d’amour, ces brochettes de fraises, cerises ou autres fruits sucrés sont présentées sous formes d’arbres aux branches rougeoyantes. Difficile d’y résister.

Parce que les gourmands poussent fort derrière, on peut à peine s’arrêter devant un marchand. Mais cela fait partie de l’envoûtement, un peu comme sur la place Jama el Fnaa à Marrackech.

Dans une ruelle, une danseuse offre un petit spectacle de playback tandis qu’un cuisinier, vêtu façon « Lotus Bleu » harangue les passants. Il fait sombre. La lumière est jaunissante et les jeunes Chinois – touristes et Pékinois – s’amusent autant qu’ils picorent. Fatigué, vous finissez par repasser la grande porte décorée. Tout se calme. Tout s’éteint. Le ventre plein, les joues roses, vous retournez vers le métro. Mais derrière, les brochettes de Wangfujing continuent à se succéder sur le grill.

Retrouvez Sarah et Manu pendant leur tour du monde sur leur site Longs Courriers

Date du reportage : mars 2013

Sarah Lachhab

Journaliste autour du monde née le 01/12/1990. Formation : Licence d'histoire / lettres + Ecole de journalisme de Grenoble. Expérience pro : CDD au Dauphiné Libéré et à Grenews d'avril 2011 à juillet 2012, pigiste depuis. Intérêts : Le rock, la bouffe et les halls de gare.

Un commentaire

  1. Miam ! Ca donne envie de goûter à tout ! Les photos sont magnifiques et le texte met l’eau à la bouche ! Tous les sens sont en éveil !!!

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