Rail trip en Europe de l’Est : étonnante Roumanie (2/4)

Roumanie

La Roumanie fut le coup de coeur de notre périple en Europe de l’Est. Un pays étonnant, des gens accueillants, des paysages grandioses, des coins ultra-sauvages et un coût de la vie défiant toute concurrence. La Roumanie est loin, très loin des clichés qui circulent en France.

Rappelez-vous, nous avons embarqué à Debrecen, en Hongrie, direction Oradéa, une des multiples étapes avant d’atteindre Sighișoara, notre destination finale, dans les Balkans. Le tout, en train de nuit, successivement archi-bondé entre minuit et 4 heures du matin, et désert passée cette heure.

Trois bonnes nouvelles s’enchaînent : les contrôles aux frontières se font directement dans le train en moins de 30 secondes, top chrono. Le Roumain comporte 80% de mots latins. Sans pour autant être transparente, la langue écrite se comprend relativement bien. Les Roumains sont relativement francophiles ; tous ceux rencontrés adoraient montrer qu’ils parlaient quelques mots de la langue de Molière. Dernière bonne nouvelle : la monnaie. Comptez 5 leu pour 1 euro. Sachant qu’une pinte de bière vaut entre 8 et 10 leu, vous avez une idée du coût de la vie pour un Français.

Sighișoara, ville de Dracula

6h et des brouettes, nous arrivons dans la ville de Vlad II Dracul, dont le fils, Vlad III l’Empaleur, inspirera largement le personnage de Dracula. Affiches et pancartes du vampire suceur de sang se retrouvent un peu partout dans la ville.

Avec son air médiéval, ses petites ruelles pavées, ses églises orthodoxes, sa tour de l’horloge qui offre un panorama à 360° sur la ville et les environs, l’endroit est superbe. En une demi-journée, la visite de la ville de 30 000 habitants, est pliée. Nous en profitons pour visiter la campagne environnante.

Brașov l’étudiante

Le soir venu, changement de programme : nous partons directement à Brașov, dans le top 10 des plus grandes villes de Roumanie, avec une importante population estudiantine. Après une nuit de repos, nous partons à l’assaut de la ville, non sans avoir avalé un copieux petit-déjeuner sur la place principale, face à l’église noire.

Construite autour de la colline Tampa, l’inscription “BRASOV” s’affiche a son sommet, façon “HOLLYWOOD”. Plusieurs balades permettent de prendre de la hauteur, sur les flancs des collines alentours, et offrent des vues imprenables sur la ville. Outre l’église noire, se détache des toits roumains le style gothique caractéristique de l’église Saint Nicolas.

Le château de Bran

De Brașov, ne vous privez surtout pas d’aller au Castelul Bran, le château de Bran, surtout celui de Dracula… enfin, de Vlad III. Mais ce dernier n’y aurait jamais séjourné. Qu’importe, le château transylvanien correspond à l’image que véhicule le roman Dracula. Bref.

De Brașov, on rejoint Bran en bus en une heure. Comptez 4 leu l’aller. Pimentez votre séjour au coeur de la Transylvanie, à la nuit tombante, et faites comme nous : ne réservez rien, perdez-vous, faites vous conduire par des Roumains en langue des signes à l’hôtel le plus proche, complètement désert, et au comble de la paranoïa, barricadez-vous dans la chambre d’hotel, non sans avoir subtilisé quelques gousses d’ail en cuisine. Sait-on jamais.

Le lendemain, direction le château. Même en sachant que Dracula n’y a pas vécu, la visite vaut le coup d’oeil. Pour le retour, toujours en quête de piment (absolument), nous sommes partis à l’aventure à travers la campagne pour rejoindre Rașnov, à quelques kilomètres de Brașov. Du piment, certes, mais aussi (et surtout) Google Maps. Arrivé à Rașnov, qui arbore aussi son nom en grandes lettres en haut de sa colline, grimpez dans la citadelle qui offre un panorama sur les alentours. Alors que le jour décline lentement, nous avons regagné Brașov, en train, pour une dernière nuit sur place.

Bucarest, capitale contrastée

Le lendemain, direction la capitale de la Roumanie, Bucarest. Nous prenons le premier train du matin, vers 6h. Bucarest est une ville de contraste. Après 12h passées à arpenter les rues, nous en avons conclu qu’on ne pouvait que l’aimer franchement ou la détester cordialement.

La ville est un chantier à ciel ouvert. Les gratte-ciels y poussent comme des champignons, et rues et avenues sont en pleine mutation, laissant apercevoir, ça et là, quelques futurs coins prometteurs en terme de rénovation urbaine. Mais derrière les bâches de protection, l’abandon. Immeubles délabrés, nids de poules et trottoirs dévastés ne sont pas bien loin.

Le bâtiment à voir absolument, c’est bien sûr le palais du Parlement qui rassemble aujourd’hui, entre autres, l’Assemblée nationale et le Sénat roumains… ainsi que quantité de pièces vides. Difficile de le rater : c’est le deuxième plus grand bâtiment du monde – en plein coeur de la ville – juste après le Pentagone. Sa taille et son style néco-classique revisité laissent entrevoir la modestie de l’époque communiste…

Le petit détail qui nous a amusé : la police municipale roule en… Dacia Logan ! Evidemment. Un peu cliché pour cette voiture low-cost, construite en Roumanie, mais qui est ici très implantée. Nombre de taxis roulent également en Logan.

Nous avions compté 12 heures pour visiter la ville : c’est largement insuffisant. Le triple aurait été le minimum pour creuser les différents aspects de la ville et ses nombreux quartiers. Nous n’avons qu’effleuré la ville, avec le sentiment de l’avoir détestée, mais avec une furieuse envie d’y retourner. Intéressant comme ressenti, non ?

Astuce ultime qui peut vous sauver votre séjour : évitez A TOUT PRIX les vendeurs de kebabs à la sortie de la gare du Nord de Bucarest. D’une part, parce qu’un kebab roumain n’a franchement aucune différence avec un kebab français (attendez d’avoir gouté les turcs) et qu’il y a foule de spécialités locales à goûter, et d’autre part, cela vous évitera de passer les 3 jours suivants sous Smecta. On vous aura prévenu.

Notre périple en Roumanie touche à sa fin. Nous attendons, à la gare du Nord, notre train de nuit (du moins c’est que nous croyons) pour rejoindre Varna, en Bulgarie, sur les bords de la mer noire.

Avant de quitter la Roumanie, comment ne pas parler des Roms ? Roms = Roumanie, un des clichés qui collent à la peau du pays. Tous les Roumains ne sont pas Roms et inversement. Certains se disent Hongrois. Les Roms constituent une minorité ethnique du pays, qui représente environ 3% de la population.

A voir sur ce sujet : le webdocumentaire « Stigmatisés, paroles de roumains » 

 


Rendez-vous dans quelques jours pour la suite de notre rail trip en compagnie de Geoffrey Bonnefoy… En attendant, voici un petit aperçu du parcours qui vous attend.

Geoffrey Bonnefoy

Journaliste numérique, blogueur et infatigable voyageur né le 08/02/1985. Fait dans l'hyperlocal et l'international, tavu.

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