Road trip sur la Route 66 (2/5) : de Saint-Louis à Tulsa

Saint-Louis, passage vers l’Ouest

Gateway Arch à Saint-Louis

Gateway Arch à Saint-Louis

Après une nuit dans un bel hôtel du centre-ville de Saint-Louis, la journée commence par un petit impondérable : un pneu crevé et une roue de secours à monter. Si cela n’a finalement pas posé de problème, il faudra quand même veiller à aller faire réparer cette roue, car il reste plus de 3 000 kilomètres à avaler.

Mais avant de penser à ça, découvrons plutôt Saint-Louis. Pas très étendu, le centre-ville est des plus agréables, au bord du Mississippi et à l’ombre des 192 mètres de la Gateway Arch, érigée dans les années 1960 pour symboliser le passage vers l’Ouest. Le parc situé au pied de l’arche, lui, est le lieu idéal pour faire le plein de photos.

En flânant dans les rues, nous avons également fait un détour par le stade de base-ball des St. Louis Cardinals, dont l’architecture old-school s’intègre parfaitement dans la ville. Se promener, c’est bien, mais réparer la roue de la voiture, c’est mieux. Et surtout, c’est obligatoire.

On poursuit donc notre route en quête d’un garage et en direction du Chain of Rocks Bridge. On traverse les quartiers nord de Saint-Louis – chose peu recommandée si l’on s’en tient aux guides de voyage traditionnels – où l’on parvient à faire réparer la fameuse roue pour 20$ en cash, dans un garage tenu par une bonne douzaine de gros Afro-Américains…

Des ponts pas comme les autres

L'angle du Chain of Rocks

L’angle du Chain of Rocks

Après cette petite (més)aventure, nous nous dirigeons donc vers le Chain of Rocks, un pont aujourd’hui réservé aux piétons.
Et pour cause : il a été le théâtre de nombreux accidents de la route, en raison d’un virage à 22° en son milieu.

A l’origine, le pont devait bien être rectiligne, mais les ingénieurs se sont rendu compte, pendant la construction, que la rive opposée où était censé arriver le pont était trop instable…

Fin de notre halte sur le pont et on reprend le volant le long du Mississippi.

On retraverse Saint-Louis, et c’est au tour d’Eureka, puis Stanton et ses grottes de Meramec présentes sur des panneaux publicitaires depuis de longs kilomètres déjà, ainsi que son musée de cire Jesse James… fermé.

Là, la Route 66 se contente de longer l’I-44 et nous décidons donc de faire le trajet sur l’autoroute directement jusqu’à Cuba – la ville du Missouri, pas l’île de Fidel Castro. Renommée pour ses nombreuses fresques murales, la bourgade abrite aussi le charmant Missouri Hick Bar-B-Q. Un lieu idéal pour déjeuner surtout si vous avez un appétit d’ogre : nous avons beau commander une assiette pour deux, on ne mange que la moitié de ce qui nous a été servis…

A l’heure de la digestion, nous reprenons la Route 66 jusqu’à Rolla, puis dans la monotonie des paysages du Missouri. Heureusement, le détour par le Devil’s Elbow offre une balade en forêt fort agréable. Il s’agit là encore d’un pont qui a donné lieu à de nombreux accidents. Décidément…

Il nous faudra ensuite près de 150 km pour arriver à Springfield – oui, encore un – notre ville étape.

Carterville, ville fantome

Carterville, ville fantome

Une ville sans grand intérêt d’ailleurs, si ce n’est son Bass Pro Shops, présenté comme « le plus grand magasin de sport du monde », temple du kitsch orienté chasse et pêche, où un grizzly empaillé côtoie un alligator en chair et en os…

Villes fantômes et passé lointain

En quittant Springfield, le lendemain, nous nous fixons un petit objectif pour la matinée : 120 kilomètres de route jusqu’à Joplin. La route s’enfonce vite en pleine campagne, dans un paysage verdoyant.

On croise plusieurs villages fantômes, notamment Halltown. Là, nous faisons la connaissance de Doctor White, 80 ans et propriétaire d’un magasin d’antiquités qui a tout du bric-à-brac figé dans le temps. Notre ami nous conte l’histoire de tous les objets du magasin ou presque, n’hésitant pas à comparer ma fiancée à sa femme… jadis. Nous repartons finalement avec une plaque d’immatriculation vintage. Question : est-ce simplement pour faire plaisir à Mr White ?

Après Halltown, le paysage reste vert jusqu’à Carthage, petite ville où des maisons victoriennes entourent une jolie mairie. Non loin du centre, un cinéma drive-in restauré – et en activité chaque week-end – nous offre une plongée dans le glorieux passé de la 66.

La faim arrive, Joplin aussi. Sans aucun rapport avec Janis, la ville se distingue surtout par ses maisons en briques rouges. Ça sent déjà le Far West, d’autant que le soleil tape vraiment fort. Dans Main Street, on trouve un fast food assez classe, rempli de (très) gros Américains… Qui a dit cliché ?

Martin de Cars

Martin de Cars

Juste après Joplin, on arrive dans le Kansas, Etat que l’on ne parcourt que sur moins de 30 kilomètres. Mais quels 30 kilomètres ! Galena nous aura bien marqués. On s’arrête d’abord au 4 Women on the Route, une ancienne station essence reconvertie en boutique de souvenirs. Sur la pelouse attenante trône plus ou moins fièrement Mater, ou plutôt Martin, la dépanneuse rouillée du film Cars. La tenancière nous explique en détails comment les gens de chez Pixar ont puisé leur inspiration ici.
Le reste de Galena se résume à la rue principale, où les trois quarts des magasins sont fermés… mais où l’éclairage public est en cours d’installation.

A la sortie de Galena, la route continue dans une espèce de désert campagnard. Sur le bas-côté, on aperçoit le pont Marsh, à Riverton, « l’un des rares ponts en arc-en-ciel encore debout dans le pays ». L’expression parait pompeuse, d’autant que le pont et son architecture n’ont rien de vraiment époustouflant.

Très vite, on gagne l’Oklahoma. Les premières traces de civilisation réapparaissent du côté de Miami – prononcez Mayameuh. Rien à voir avec son homologue floridienne, mais la ville semble accorder une grande importance à ses racines indiennes.

La mythique baleine de Catoosa

Une nouvelle fois après Miami, la Route 66 se laisse grignoter – dévorer même ! – par l’Interstate. Nous repartons donc pour de longs kilomètres de ligne droite jusqu’à Catoosa. Sortie de nulle part, en contrebas, la baleine bleue, devenue emblème de la route, offre une étape sympathique. Autrefois, les familles de vacanciers américains s’y arrêtaient pour se baigner en profitant des plongeoirs installés sur la baleine. Aujourd’hui, la baignade est interdite et le petit étang accueille davantage de pêcheurs. C’est beau et pourtant, on se sent presque triste en pensant que cette baleine n’a plus son lustre d’antan.

L’après-midi touche à sa fin, le trajet du jour aussi. Il ne nous reste qu’une vingtaine de kilomètres pour rejoindre Tulsa. La deuxième ville de l’Oklahoma a droit à une toute petite skyline plutôt mignonne. Parmi les hauts bâtiments, on remarque l’église méthodiste de Boston Avenue. A part ça, rien… ou presque. Soit un bon moyen de retrouver des forces, avant de reprendre le volant le lendemain.

Suite du récit demain, enter l’Oklahoma et le Nouveau Mexique, de Tulsa à Tucumcari.
Retrouvez aussi la première étape de notre parcours sur la Route 66, entre Chicago et Saint-Louis

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    embleme route 66

Ludovic Bonnet

Journaliste indépendant et rédacteur web (né le 25/03/1984), après avoir découvert le métier au Dauphiné Libéré puis au Progrès. Voyageur débutant qui ne demande qu'à apprendre !

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