Road trip sur la Route 66 (5/5) : du Grand Canyon à Santa Monica

Las Vegas by night

Las Vegas by night

Seligman et Las Vegas, deux lieux différents mais mythiques

Encore marqués par la beauté des lieux, nous quittons le Grand Canyon et rebroussons chemin pour retrouver la Route 66. C’est chose faite à Williams, une autre ville bien utile pour faire le plein – souvenez-vous de Shamrock, au Texas.

Un peu plus loin, Seligman est véritablement une étape incontournable sur la Route Mère. C’est là que l’on trouve le Barber Shop d’Angel Delgadillo, l’homme à qui l’on doit la renaissance actuelle de la Route 66. Si les bus de touristes semblent assez nombreux dans ce petit village, Seligman conserve une certaine authenticité. Ou une authenticité certaine.

De là, vous pouvez serpenter sur l’ancienne Route 66 jusqu’à la ville fantôme de Hackberry, prospère au 19ème siècle, mais totalement abandonnée depuis la fermeture des mines d’argent en 1919. L’autre alternative, moins bucolique, consiste à emprunter l’Interstate jusqu’à Kingman. La ville héberge notamment le Mr. D’Z Route 66 Diner (105 E Andy Devine Avenue), un restaurant typique comme on les aime.

Lake Mead

Lake Mead

Et puis, comme nous l’avons fait pour le Grand Canyon, nous décidons de nous éloigner de la Route 66 pour une autre destination à ne pas manquer : Las Vegas. Le trajet depuis Kingman est assez monotone, le long d’une autoroute particulièrement rectiligne. Sans compter les températures qui ne cessent de grimper.
Juste avant d’arriver dans la capitale du jeu, nous découvrons le barrage Hoover – ou Hoover Dam – dans un décor assez somptueux. La structure du barrage est impressionnante et le fort vent chaud qui souffle sur les lieux vous donne l’impression de marcher sous un sèche-cheveux géant.

Si le lieu vaut le détour, les journées ne durent que 24 heures. Nous repartons donc assez prestement vers notre destination du jour : Las Vegas. En arrivant en plein milieu de l’après-midi, on ne peut pas dire que l’on soit happés par la magie des lieux.  Nous sommes davantage écrasés par la chaleur.

Les rues sont encore relativement désertes. Nous en profitons donc pour investir notre hôtel, le Circus Circus, et nous familiariser avec les lieux. Il faut dire qu’avec près de 3 800 chambres ou encore son Adventuredome, « plus grand parc d’attractions couvert au monde », retrouver son chemin est tout sauf un jeu d’enfant. Ce point sera d’ailleurs récurrent dans tous les casinos que nous visiterons pendant la soirée.

Caesar’s Palace, Treasure Island, The Venetian, Paris Las Vegas, Louxor, Bellagio… Des établissements au nom mythique qui vous en mettent littéralement plein les yeux à la tombée de la nuit. Plusieurs d’entre eux offrent des spectacles gratuits – les sirènes du Treasure Island, l’éruption volcanique du Mirage… –, pour peu que le vent ne soit pas trop fort et que les organisateurs ne soient pas contraints de tout annuler. Mais même sans ça, Las Vegas est une expérience à vivre.

Les gens qui déambulent méritent aussi qu’on les regarde, à l’image de ces jeunes gens venant fêter leur enterrement de vie de jeune fille ou de jeune garçon, comme dans le film Very Bad Trip , et que l’on retrouve de plus en plus éméchés au fur et à mesure que l’heure avance. Les escort-girls aux jupes plus courtes les unes que les autres et quelques joueurs de guitare tentent aussi d’attirer l’attention, chacun à leur façon.

Hotel Louxor

Hotel Louxor

Nous marchons au milieu de tout cela, sans même nous rendre compte qu’il est déjà plus de 3 heures du matin. Seules nos jambes lourdes nous rappellent que nous piétinons depuis de très longues heures et que nous avons déjà dû avaler pas loin de 10 kilomètres…

Los Angeles, ville du « trop »

Si Las Vegas est connue pour être la ville de tous les excès, on se rendra compte le lendemain que la définition qualifie aussi parfaitement Los Angeles. Mais, « malheureusement », pas pour les mêmes raisons.

Entre ces deux grandes villes, le désert est roi. Et, non loin de la Vallée de la mort, le mercure grimpe encore dans le thermomètre. On nous avait parlé de nature hostile, on comprend vite pourquoi. Nous passons par Needles, présentée comme la ville la plus chaude des Etats-Unis. Puis, la Route 66 s’écarte (enfin) de l’autoroute et les bourgs que nous croisons n’ont de ville que le nom, celles-ci se résumant plutôt à une simple station-service et parfois quelques mobile-homes. C’est le cas, entre autres, d’Amboy, où un bus de touristes vient pourtant de s’arrêter, sans doute parce que Brad Pitt y a tourné en 1993 dans Kalifornia. C’est aussi vrai pour Newberry Springs, bourgade elle aussi marquée par le cinéma puisqu’elle abrite le fameux Bagdad Café.

Après y avoir rapidement avalé un milk-shake et un soda, nous entamons la dernière partie de notre périple jusqu’à Los Angeles.

L’arrivée jusqu’à la Cité des anges est tout sauf une longue route tranquille. Après San Bernardino, nous avons droit à une centaine de kilomètres de périphérique dans la banlieue angeline. Vraisemblablement taillée pour l’automobile, la ville de Los Angeles est surtout taillée pour les embouteillages. Et là, la Route 66 est beaucoup moins bucolique…

Eglise de Los Angeles

Eglise de Los Angeles

Dans L.A., le Pueblo offre toutefois une balade sympathique. Le quartier historique latino contraste clairement avec le strass et les paillettes de certains quartiers.

D’ailleurs, certaines paillettes paraissent bien ternes, à l’image du fameux Hollywood Boulevard et de son non moins fameux Walk of Fame : le quartier fait bien plus penser au Pigalle parisien qu’au temple glamour du cinéma…

Los Angeles, c’est un peu la ville du « trop » : trop grand, trop superficiel, trop bétonné, trop envahi par l’automobile… Le quartier de Bervely Hills, temple des millionnaires, s’il sent le « fake », s’avère finalement assez paisible. Presque familial – en ayant plutôt à l’esprit la famille de Brad Pitt et Angelina Jolie que celle de Charles Ingalls.

Et la Route 66 s’achève

La Route 66, elle, déroule ses derniers kilomètres de bitume tant bien que mal, au milieu de tous ces buildings. Et soudain, l’horizon s’éclaircit. L’Océan Pacifique surgit. On est bien à Santa Monica, terminus officiel de la Mother Road, la Main Street of America…

Sur la jetée, à l’ombre d’une grande roue et d’autres manèges, un panneau nous le confirme : « End of the trail ». Alors, forcément, on est un peu émus. La nostalgie nous gagne, en repensant à nos premiers tours de roues sur la route, dans l’Illinois, à nos belles rencontres avec Joe à Joliet, Dr White à Halltown… Mais finalement, on l’a fait : en un peu moins de 3 semaines – même si quelques jours supplémentaires n’auraient pas été de trop –, nous avons parcouru ces quelque 3 900 kilomètres. Des kilomètres qui nous ont offert un voyage inoubliable de l’Est à l’Ouest, mais aussi un voyage dans le temps, qui permet de comprendre un peu plus les Etats-Unis et leur histoire.

Aujourd’hui, les souvenirs sont toujours bien ancrés dans notre mémoire, de même que les notes d’une chanson qui nous aura suivi tout au long de ce périple : Get your kicks on Route 66

Retrouvez l’intégralité de notre voyage sur la Route 66 au travers de nos étapes :
– entre Chicago et Saint-Louis ;
– entre Saint-Louis et Tulsa ;
entre Tulsa et Tucumcari ;
entre Tucumcari et le Grand Canyon

Ludovic Bonnet

Journaliste indépendant et rédacteur web (né le 25/03/1984), après avoir découvert le métier au Dauphiné Libéré puis au Progrès. Voyageur débutant qui ne demande qu'à apprendre !

Un commentaire

  1. Merci pour ce très beau reportage sur la 66.

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