Sunny Beach (Bulgarie) : site artificiel, mode d’emploi

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Plage de Sunny Beach

Plage de Sunny Beach

La Bulgarie. Ses étonnantes églises orthodoxes, ses charmants vestiges greco-romains, le sens de l’accueil de ses habitants… Rassurez-vous, en séjournant à Sunny Beach (le nom, beaucoup plus attrayant, choisi spécialement pour les Européens de l’ouest, de la ville de Slantchev Briag), vous ne verrez absolument rien de tout cela. Cette station balnéaire, l’une des plus grandes d’Europe, si ce n’est la plus grande (l’office de tourisme revendique le chiffre astronomique de 1 million de lits, et c’est bien possible!), c’est LE site touristique qui monte en flèche dans sa catégorie (celle où l’on retrouve, entre autres, Cancùn et Ibiza).

Authentique locomotive économique du pays, Sunny Beach attire chaque année plusieurs millions de « visiteurs » d’Europe de l’ouest (et des Russes), littéralement alléchés par les prix bas pratiqués ici (vous pouvez trouver des séjours vol+hôtel demi-pension à 650 euros les deux semaines !). Quelques-uns ont même acheté une maison secondaire ou un appartement en bord de mer (on en trouve à moins de 10 000 euros). Pourtant, dans cette station artificielle où il est possible, un peu en retrait de l’artère principale, de dîner pour 7 euros à deux, tout est plus cher que dans le reste du pays. Et le Bulgare moyen n’a absolument pas les moyens d’y rester plus d’une journée.

Touristes anglais : il y a les gentlemen… et les jeunes

« Pour nous, Sunny Beach c’est une sorte de Saint-Tropez pas cher », explique Romain, un touriste parisien d’une trentaine d’années, venu avec son meilleur ami. Ils ne resteront qu’une semaine dans la station balnéaire et leur quotidien ne variera pas pendant tout le séjour : plage après le réveil (aux alentours de 14 heures), shopping en fin d’après-midi (acquisition du tee-shirt « fun » ou tentation pour un tatouage bradé) et discothèque en état d’ivresse le soir.

Apéritif

Apéritif

D’ailleurs, pour la plupart des jeunes venus entre copains, ce rituel est le même, notamment pour les Anglais, qui sont largement majoritaires à Sunny Beach (on ne peut pas les rater, ils déploient l’Union Jack à tous les balcons de leur chambre d’hôtel). Souvent en meute, les jeunes Britanniques passent d’ailleurs régulièrement de la case plage et shopping à la case ivresse. Même en début d’après-midi.

Le lendemain matin, on en voit quelques-uns sortir du commissariat local après une échauffourée survenue la veille. Hormis un dégrisement, ils ne risquent pas grand chose, la police, si discrète, ayant probablement pour ordre de ne pas gâcher trop le séjour de ces jeunes dépensiers venus avec l’intention de faire fondre toutes leurs économies annuelles en une semaine. Mais heureusement pour Sa majesté, les Anglais qui viennent en famille assurent pleinement la réputation courtoise de leur pays. Politesse et discrétion sont de rigueur, bien plus que chez n’importe quel touriste de l’Europe de l’ouest.

Le Mac Do et le petit joueur d’accordéon

Le long des 9 km de la superbe côte, la plage de sable fin est bondée dans l’après-midi. Absolument tous les loisirs nautiques qui existent sont proposés entre deux paillotes, trois snacks et une boite en plein air qui ouvrira ses portes dès 19 heures. Dans la rue qui longe la mer Noire, le contraste est… inexistant. On retrouve des hôtels, des restaurants, des bars, des discothèques… et les incontournables casinos ! Sans compter les boutiques où il est possible de dénicher à peu près tout ce qui se vend dans le monde du tourisme, à part peut être du matériel de sports d’hiver (encore que).

Le Mac Do a choisi une place centrale sur la rue principale, histoire que les amateurs d’articifiel ne soient pas trop dépaysés au pays de Sylvie Vartan. Ici, les charmeurs de serpent assurent tout de même la vente d’exotisme aux curieux, sûrs de vivre un moment sensationnel avec une vipère heurtante dans les mains le temps d’une photo (1). Là, un jeune bulgare d’une douzaine d’années joue des airs traditionnels. Personne ne l’écoute, mais certains lui laissent tout de même quelques Levs, la monnaie du pays, l’une des plus faibles d’Europe.

Il aura néanmoins plus de chance que ces quelques jeunes mamans faisant la manche toute la journée avec leur bébé pour quelques Stotinki (centime du Lev). Selon les Bulgares qui travaillent à Sunny Beach, elles sont de plus en plus nombreuses à venir mendier dans les endroits touristiques. Il faut dire que le chômage grimpe à une vitesse incroyable dans ce pays pauvre du vieux continent (2).

Après la sea et le sun, place… à la fête

Gogo-danseuse

Gogo-danseuse

Le soir, la ville prend un autre visage. Les touristes venus en famille désertent les rues à partir de 23 heures et la fête prend alors le dessus sur le shopping. Finis les achats de tee-shirt « I Love Bulgaria », place au son, à l’alcool et à la drague.

Les filles rivalisent de tenues légères, les garçons abusent de leur meilleur gel coiffant, les sex-shops se font moins discrets et les boîtes à strip-tease ouvrent leurs portes.

Dans chaque « débit de boisson », une gogo-danseuse allume le feu sur le bar. Elle passera une heure sur celui-ci, avant d’aller sur celui du voisin et de laisser place à une autre « artiste » qui, elle aussi, aura déjà accumulé quelques billets dans son shorty, le plus rikiki de sa garde-robe, évidemment.

Bref, le soir, la station se transforme en capitale du paraître après avoir été celle de la paresse. Et mieux vaut éviter d’y traîner trop tard dans la nuit. Un conseil pour vous éviter de goûter aux caresses un peu fermes de deux bandes de copains alcoolisés. Parce que c’est toujours là où vous êtes qu’elles ont envie de se dire leur amour réciproque.

Sofia, Bucarest et Istanbul à portée de main

Mais par sa situation géographique, Sunny Beach conserve néanmoins un certain nombre d’atouts. Elle peut être un point de départ pour de nombreuses excursions de deux ou trois jours. Étant donné qu’il n’est pas très cher d’y séjourner par les agences de voyage, on peut prévoir un second budget en location de voiture pour visiter des contrées pas si lointaines que cela. Car en dehors du très beau village traditionnel de Nessebar qui jouxte la station balnéaire, il n’y a absolument rien à voir à proximité de Sunny Beach.

En revanche, si vous vous sentez l’âme baroudeuse, le bon plan : arriver à trouver un séjour de 15 jours en demi-pension à moins de 800 euros/personne et programmer trois excursions de deux-trois jours avec une location de voiture (et surtout pas des balades hors de prix qu’on vous propose dans les hôtels).

Sofia, la capitale bulgare, est à six heures de route. Il est intéressant d’y passer deux jours avant d’aller visiter le monastère de Rila dans les montagnes situées à quelques kilomètres, et de revenir en s’arrêtant à Plovdiv, une cité absolument charmante dotée d’un somptueux amphithéâtre romain. Avec ce circuit, vous emprunterez même la seule autoroute du pays (compter trois jours). Surtout, évitez de traverser le pays par les petites routes, elles forment vraiment la jeunesse, pour un paysage qui n’a rien d’extraordinaire.
Bucarest vaut également le détour pour une excursion de deux jours. À six petites heures de route de Sunny Beach, la capitale roumaine regorge de curiosités (dont le palais présidentiel de Ceaucescu) et de surprises.

Autre belle excursion à faire : Istanbul. La ville turque à cheval sur deux continents mériterait à elle seule dix jours de visite. Mais à cinq heures de Sunny Beach en voiture, elle est suffisamment proche pour qu’on ait envie d’y faire une balade de deux-trois jours.
Concernant la location de voiture, mieux vaut ne pas manquer son coup, car les agences fleurissent à Sunny Beach. Et certaines proposent des prix trop attractifs avec des contrats douteux, une voiture au bruit de moteur étrange, et des papiers de circulation qui ont l’air de tout, sauf d’être en règle. Donc n’hésitez pas à payer plus cher via des agences reconnues (Avis par exemple). Et pensez à prendre l’assurance supplémentaire si vous sortez du pays!

NOTE
(1) Bien souvent, les serpents de foire destinés à être « charmés » sont en réalités sourds. Leurs crochets ont systématiquement été prélevés et ils sont dans un état de souffrance important. Cette ablation provoque aux reptiles des abcès qui les promettent à une mort lente et douloureuse quelques semaines après avoir été capturés.
(2) Le chômage était de 7,6% en 2007. Il est passé à 12,2% en 2011.




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Frédéric Sauron

Journaliste au Progrès né le 15/05/1978. Coups de coeur: Europe de l'Est et proche-Orient.

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