Uruguay, le carnaval en deux étapes

Les murgas du carnaval

Les murgas du carnaval

Ce n’est pas en suivant le guide touristique concernant l’Amérique du Sud que nous sommes arrivés en Uruguay. Non, car sinon, nous nous serions contentés de visiter le seul endroit souvent mentionné comme valant le détour : Punta del Este. Et nous aurions gardé comme image de l’Uruguay cette station balnéaire de luxe -surement l’endroit le plus laid du pays, une sorte de La Grande-Motte version bling bling, où le moindre sandwich fait mal à un budget tout européen qu’il soit. On y avait d’ailleurs croisé Dominique Strauss-Khan et Anne Sinclair prenant du bon temps au soleil (bronzant, n’ayez pas l’esprit mal tourné) avant une réunion du FMI. Mais tout ça, c’était avant le drame.

Le Tablado, la famille

Fort heureusement, il n’y a pas que Punta del este en Uruguay. Vous connaissez le carnaval du Brésil, cette immense contrée qui, avec l’Argentine, entoure l’Uruguay et fait passer le pays pour un confetti ? Oubliez-le. En Uruguay, le carnaval, ça dure un mois, et ce n’est pas seulement un défilé déguisé.

Commençons à 100 kilomètres à l’est de Punta del Este, dans la capitale du pays, Montevideo. A deux pas du stade Centenario (théâtre de la première coupe du monde de football en 1930), on trouve le vélodrome. Et ce vélodrome, pendant un mois, se transforme en tablado (théâtre) où s’affrontent des murgas, des parodistas ou des humoristas. Catégorie reine, les murgas sont des groupes déguisés qui entonnent des chansons humoristiques. Les chanteurs sont des amateurs qui écrivent les sketchs, confectionnent eux même leurs déguisements et répètent toute l’année leur spectacle. Et quand arrive le mois du carnaval, ils enchainent les scènes dans tout Montevideo. A la fin, un jury détermine la meilleure murgas.

Au tablado, les sujets graves (sur la drogue ou la violence, notamment) côtoient les blagues les plus crues et les chroniques satirique sur les événements politiques, sociaux, et beaucoup, footballistiques de l’année écoulée. Le tout dans un déluge de couleurs, de musique et de danse. Pas de politiquement correct en Uruguay, on semble rire de tout avec tout le monde. Les enfants courent dans le fond, les vieux ont pris places sur des chaises devant la scène, les ados sont en tailleur par terre. Tous ont point commun, ils boivent du maté (une sorte de thé que l’on boit dans une calebasse, un petit port en bois, à l’aide d’une paille en fer) en début de spectacle. Plus tard, les calebasses cèdent sont souvent troquées avec de grandes bouteilles de bières.

Carnaval en Uruguay

Un mois de fête sans modération

La Pedrera, la débauche

Continuons à 100 kilomètres à l’Ouest de cette ville balnéaire insignifiante qu’est Punta del Este, pour une autre ville balnéaire nettement plus intéressante : La Pedrera. Pour la soirée du carnaval, c’est the place to be, l’endroit où il faut aller faire la fête. Toute la jeunesse de Montevideo semble se retrouver ici, à tel point que mon amie uruguayenne ne cesse de croiser des connaissances, à 200 kilomètres de chez elle.

Le monde est petit, l’Uruguay, encore plus. Les quatre rues de ce petit village s’emplissent de près de 20 000 personnes, déguisées, qui défilent en groupe. Si certains poussent très loin l’ingéniosité et la recherche pour leurs déguisements (un avion taille réelle, des pyramides…), d’autres se contentent de quelques accessoires. Mais tous sont là pour faire la fête jusqu’au bout de la nuit. Mais avant, il faut survivre a ce qui ressemble a un véritable champ de bataille humoristique : dans l’après midi, à chaque coin de rue, des snipers armés de bombe à eau attendent le passant peu attentif, et dans chaque recoin se cache un enfant équipé d’une bombe de mousse. Bref, il faut rester sur ses gardes. Même ce vieillard qui semble regarder pensivement la mer profite de son air inoffensif pour arroser les promeneurs dès qu’ils ont le dos tourné. Certains y vont à la bouteille voire au seau d’eau.

Sur la plage, de loin, comme une émeute : un gigantesque mouvement de foule est déclenché par un groupe d’une trentaine d’arroseurs armés de récipients divers et variés qui attaquent tout ce qui bronze. Et le plus bizarre, c’est que tout ça se fait dans la bonne humeur. Aucune bagarre à l’horizon, ni même engueulade. Ici, on se laisse « tremper » et « peinturlurer » en étant content. Mon appareil photo emmitouflé dans plusieurs sacs plastiques (comme tous les journalistes présents en nombre ici), j’ai sacrifié mes vêtements secs pour vous montrer quelques photos et vidéos.

L’objectivité journalistique qui caractérise Caraporters m’oblige à vous dire que l’envoyé spécial, qui a voulu vivre au plus près des coutumes locales, n’a pas hésité à goûter les délicieux cocktails vendus dans les nombreux stands de rue, avec autant de modération que possible…

Au petit matin, certains ont choisi la plage pour se remettre, et une masse fatiguée attend des taxis trop peu nombreux pour rentrer dans divers camping des environs, laissant derrière elle 25 tonnes de déchets.

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Yannick Curt

Journaliste (spécialisé en agriculture) qui n'aime pas les voyages. Né le 25/06/1983.

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